Né le 6 janvier 1959 à Stoke-on-Trent, au cœur industriel de l'Angleterre , Neil Simpson incarne une figure différente du bassiste : celle du gardien de la flamme. Bassiste titulaire du légendaire Climax Blues Band depuis le début des années 90, il a traversé les décennies, les changements de mode et les tragédies personnelles du groupe pour maintenir vivante une institution du blues-rock britannique.
Moins médiatisé que les stars de la pop, Simpson est pourtant un technicien hors pair, dont l'approche de la basse dépasse largement le cadre pentatonique du blues traditionnel pour toucher au jazz-fusion et à la soul.
Une Vie de "Road Warrior"
Neil Simpson reçoit son premier instrument (un jouet) à quatre ans, mais c'est à l'adolescence qu'il embrasse la basse. Contrairement à beaucoup de ses pairs qui idolâtrent les rockers, Simpson cite Stanley Clarke comme son premier héros. Cette influence est cruciale : Clarke est le pionnier de la basse jazz-rock virtuose. Cela explique pourquoi le jeu de Simpson a toujours été plus sophistiqué que le standard du blues-rock.
Avant de rejoindre le Climax Blues Band, Simpson fait ses armes dans le circuit professionnel britannique, un environnement impitoyable qui exige excellence et adaptabilité. Il tourne avec la chanteuse de soul Ruby Turner et fait un passage remarqué au sein des Bluesbreakers de John Mayall en 1999. Jouer avec Mayall est considéré comme l'université ultime du blues (Eric Clapton, Peter Green et Jack Bruce sont passés par là).
L'Ancre du Climax Blues Band
Le Climax Blues Band, célèbre pour son tube mondial "Couldn't Get It Right" (1976), est en pleine mutation lorsque Simpson les rejoint vers 1990/1991. Il remplace des membres historiques et doit s'imposer. Il y parvient grâce à une fiabilité à toute épreuve et une connexion musicale profonde avec le leader Colin Cooper. Après le décès tragique de Cooper en 2008, Simpson devient l'un des piliers moraux et musicaux qui permettent au groupe de continuer. Il participe activement aux albums récents comme Hands of Time (2019), prouvant que le groupe n'est pas un simple acte nostalgique mais une entité créative vivante.
Le Blues en Haute Définition
Le style de Neil Simpson est une leçon de modernisation du blues sans trahison.
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L'Extension de la Tessiture : Simpson est un adepte des basses à 5 et 6 cordes. Dans un contexte blues, cela lui permet deux choses :
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Le Si Grave (Low B) : Il peut descendre plus bas que la grosse caisse, créant une fondation séismique sur les shuffles lents.
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Le Do Aigu (High C) : Il peut prendre des solos mélodiques ou jouer des accords complexes (tierces, dixièmes) pour enrichir l'harmonie lors des passages instrumentaux, rappelant son amour pour Stanley Clarke.
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Le Groove Hybride : Sur les classiques funk du groupe, Simpson ne joue pas "binaire". Il introduit un swing ternaire subtil, typique du New Jack Swing ou de la Soul moderne, qui modernise le répertoire des années 70.
Le matos
Neil Simpson est un technophile qui utilise l'équipement moderne pour servir une musique traditionnelle.
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Basses Status Graphite : Simpson est souvent vu avec des basses britanniques Status, reconnaissables à leur manche en graphite tissé. Le graphite élimine les "points morts" (notes qui résonnent moins) fréquents sur les basses en bois et offre une clarté cristalline. C'est un choix audacieux pour du blues, genre souvent associé aux basses vintage passives, mais cela donne à Simpson un son très défini et moderne.
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Amplification Markbass : Il utilise des amplis italiens Markbass (reconnaissables à leurs cônes jaunes). Ces amplis sont réputés pour leur transparence : ils amplifient le son de l'instrument sans le colorer excessivement. Pour un bassiste jouant sur des instruments à 6 cordes à large spectre fréquentiel, c'est crucial pour ne pas avoir un son "boueux" dans les graves.
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Wal Basses : Les connaisseurs noteront aussi son usage probable de basses Wal (lutherie anglaise de prestige), connues pour leur électronique active complexe permettant de sculpter chaque fréquence médium.
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