Peter Steele, la basse Type O negative (1962-2010)

Publié le 4 janvier 2026 à 10:44
Peter Steele - gravebasse - photo DR

Né Peter Thomas Ratajczyk le 4 janvier 1962 dans le quartier de Red Hook à Brooklyn, Peter Steele est devenu l'une des icônes les plus reconnaissables et les plus influentes du metal gothique et du doom. Sa stature de 2,03 mètres et sa voix de basse profonde ont fait de lui le pilier central de Type O Negative, mais c'est son approche singulière de la basse électrique qui a ancré le son du groupe dans une lourdeur presque tellurique.

Origines et forgeage d'un style

Issu d'une famille catholique d'origine polonaise et écossaise-irlandaise, Steele était le benjamin de six enfants. Son parcours instrumental commence à l'âge de 12 ans par la guitare, mais il bifurque vers la basse six mois plus tard sous la pression de son premier groupe, Aggression, qui exigeait un bassiste pour maintenir sa place. Un aspect technique fondamental de son jeu réside dans sa latéralité : bien que gaucher naturel, Steele a appris à jouer sur des instruments pour droitiers, car l'achat d'une basse pour gaucher était financièrement inabordable pour lui à l'époque. Cette contrainte a forgé une attaque et une tension de cordes spécifiques, contribuant à son timbre massif.

Avant la renommée mondiale de Type O Negative, Steele a marqué la scène underground avec Fallout (heavy metal) puis Carnivore (thrash/crossover). Ses textes y étaient déjà provocateurs, traitant de guerre, de religion et de misanthropie, des thèmes qu'il sublimera plus tard dans une esthétique plus mélancolique.

L'architecture sonore de Type O Negative

Formé en 1989 avec ses amis d'enfance Josh Silver, Kenny Hickey et Sal Abruscato, Type O Negative a créé un pont sonore entre l'obscurité de Black Sabbath et les harmonies vocales des Beatles. Steele n'utilisait pas la basse comme un simple soutien rythmique, mais comme un instrument de texture. Son son, saturé de distorsion, de chorus et de delay, créait un "mur de fréquences" qui rendait le groupe immédiatement identifiable. L'album Bloody Kisses (1993) a marqué un tournant, devenant le premier succès massif du label Roadrunner Records.

Analyse technique et équipement de Peter Steele

Le matériel de Steele était souvent modifié pour répondre à ses besoins esthétiques et sonores. Il était célèbre pour son obsession du noir et du vert, une charte graphique qu'il appliquait à l'ensemble de son matériel.

Catégorie Modèles de référence Particularités techniques
Basses électriques Esh Stinger, Washburn M-10, Alembic Spoiler, Fernandes Tremor Finitions custom noires et vertes, micros piézo installés sur certains modèles 
Amplification Peavey Tour 700, Peavey Max Preamp, Baffles Peavey 2x10 + 1x18 Configuration massive pour un bas du spectre ultra-présent 
Effets de distorsion Boss DS-1 Distortion, Boss CH-1 Super Chorus Réglages souvent poussés au maximum et fixés à la colle chaude 
Cordes et Accessoires Rotosound RS66LD (45-105), Médiators Dunlop Tortex 0.50mm Cordes en acier inoxydable, médiateurs très fins pour une attaque percutante 

Une particularité notable de son installation était l'utilisation d'un "Sustainer" sur ses basses Fernandes, lui permettant de maintenir des notes indéfiniment pour créer des nappes sonores oppressantes. Il utilisait également une chaîne en fer en guise de sangle, renforçant son image imposante sur scène.   

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