Doug Stegmeyer appartient à cette famille de bassistes dont le grand public connaît les lignes… sans forcément connaître le nom. Né le 23 décembre 1951 à Flushing (Queens, New York), il devient l’un des piliers du son de Billy Joel dans les années 1970–1980 : une basse au service de la chanson, précise, chantante, profondément “américaine” dans le rebond.
Son jeu a une qualité rare : il est mélodique sans être bavard. Il sait quand doubler une progression, quand créer une contre-ligne, quand “pousser” une transition. Dans un univers pop/rock où tout doit sembler évident, Stegmeyer travaille l’évidence comme un artisan : attaques propres, placement solide, sens de la note qui “tombe” exactement là où l’oreille la veut. Sa contribution se ressent particulièrement sur la période où le groupe de Billy Joel sonne comme une vraie formation, soudée, organique, capable de puissance comme de finesse.
Stegmeyer n’est pas qu’un homme de tournée : c’est aussi un musicien de studio apprécié, associé à d’autres artistes (notamment Hall & Oates, Debbie Gibson), preuve de son adaptabilité. On peut écouter ses lignes comme un manuel vivant de “supporting bass” : comment tenir la charpente harmonique, dynamiser la batterie, et laisser respirer la voix—sans jamais perdre le groove.
Il disparaît en 1995, laissant une empreinte durable chez les bassistes qui aiment la pop bien écrite, la basse utile, élégante, et terriblement efficace.
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