Date de naissance : 30 Novembre 1943 - Lieu de naissance : Mansfield, Nottinghamshire, Angleterre - Genre : Blues Rock, British Blues Boom, Rock Psychédélique
Leo Lyons représente l'archétype du bassiste du "British Blues Boom" : un musicien qui a fait ses classes dans les clubs enfumés d'Europe avant d'exploser sur la scène mondiale. Né pendant la guerre, il grandit en écoutant du skiffle et du rockabilly, idolâtrant Bill Black (le bassiste d'Elvis).
La Genèse : Hambourg et les Jaybirds
La carrière de Lyons est indissociable de celle du guitariste Alvin Lee. Ensemble, ils forment The Jaybirds au début des années 60. Comme les Beatles, ils partent se faire les dents à Hambourg, en Allemagne. Ces résidences au Star-Club étaient brutales : des sets de plusieurs heures, nuit après nuit, qui ont forcé Lyons à développer une endurance physique hors norme et une technique de jeu rapide et musclée pour maintenir l'intérêt du public ivre. C'est là que la section rythmique Lyons/Ric Lee (batteur) s'est soudée en une machine de guerre.
Ten Years After et le Mythe de Woodstock
En 1966, le groupe devient Ten Years After. Leur réputation grandit rapidement grâce à leurs performances live incendiaires. Mais c'est le 17 août 1969 qui change tout. Invités au festival de Woodstock, ils livrent une performance d'anthologie sous la pluie. Le morceau "I'm Going Home" devient l'un des moments forts du film Woodstock. On y voit Leo Lyons dans une transe totale, secouant la tête frénétiquement, ses doigts volant sur le manche de sa Jazz Bass. Contrairement à beaucoup de bassistes de l'époque qui restaient statiques, Lyons vivait chaque note physiquement. Cette performance a propulsé le groupe dans les stades américains, faisant d'eux l'un des plus grands "touring acts" du début des années 70.
L'Après Ten Years After et la Production
Après la séparation du groupe en 1974, Lyons ne raccroche pas. Il se tourne vers la production, mettant à profit son oreille pour le "gros son". Il produit les premiers albums du groupe UFO (Phenomenon, Force It, No Heavy Petting), contribuant à définir le son du Hard Rock mélodique. Il a également travaillé avec Motörhead, bien que brièvement, prouvant son affinité pour les musiques à haute énergie. Aujourd'hui, à plus de 80 ans, il continue de tourner avec son trio Hundred Seventy Split, revisitant le répertoire de TYA avec une vigueur qui défie les années.
Un Jeu de Guitare à l'Octave Inférieure
Leo Lyons a commencé par la guitare, et cela s'entend. Son approche de la basse est mélodique et harmonique, pas seulement rythmique. Il utilise souvent des accords (power chords) et des double-stops pour épaissir le son derrière les solos de guitare. Sa technique de main droite est particulière : il joue aux doigts, mais avec une attaque si percussive qu'elle rivalise avec le médiator. Il utilise souvent trois doigts pour les galops rapides, une technique qu'il a développée pour suivre les tempos effrénés imposés par Alvin Lee (souvent surnommé "Captain Speed Fingers").
Bien que TYA soit un groupe de Blues-Rock, les racines de Lyons sont dans le Jazz (Scott LaFaro, Ray Brown). Cela se manifeste par :
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L'indépendance des lignes : Il ne se contente pas de suivre la tonique. Pendant les jams, il explore le manche entier, créant des contre-mélodies qui dialoguent avec la guitare.
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Le Swing : Même sur des morceaux rock binaires, Lyons injecte un "shuffle" subtil, un rebond qui donne au blues de TYA son groove si particulier.
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L'usage des "Dead Notes" : Il utilise beaucoup les notes étouffées pour créer une texture percussive, agissant comme un second batteur.
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