Si vous avez traîné vos guêtres dans les salles de répétition ou les petits clubs dans les années 90, le nom "Peavey Unity" vous dit forcément quelque chose. C'était synonyme de tables de mixage analogiques, robustes comme des tanks, prêtes à encaisser les pires tournées.
Eh bien, Peavey a décidé de dépoussiérer le blason. Mais attention, on oublie les gros faders gris et le souffle analogique d'antan. La nouvelle série Unity (versions 4, 6 et 8 pistes) débarque en 2025/2026 avec une philosophie totalement moderne : ce sont des consoles de mixage numériques compactes.
Pour nous, bassistes, souvent coincés entre l'envie de s'enregistrer proprement à la maison et le besoin d'un petit mixeur pour nos in-ears en live, cette série a des arguments sérieux. Voici notre décorticage complet.
La première chose qui frappe avec ces nouvelles Unity, c'est le format. On est sur du très compact, parfait pour poser sur un coin de bureau à côté de votre ampli ou même sur un (gros) pedalboard.
Contrairement aux anciennes séries, ces consoles intègrent une interface audio USB-C. C'est le standard actuel. Cela signifie que vous n'avez plus besoin d'une carte son externe pour vous enregistrer sur votre DAW (Logic, Reaper, Cubase, etc.). Vous branchez la table, vous jouez.
Les points communs aux trois modèles (4, 6 et 8) :
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Audio USB-C : Enregistrement et lecture directs vers/depuis un ordinateur.
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Bluetooth 5.0 : Indispensable aujourd'hui pour balancer un backing track depuis son téléphone et bosser ses lignes de basse.
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Entrées Hi-Z : Le Graal pour nous (on y reviendra).
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Traitements Numériques : EQ, effets et compression "Studio Quality" intégrés.
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Filtre Coupe-bas (80Hz) : Pour nettoyer les fréquences parasites (le "rumble") avant même l'enregistrement.
La benjamine de la gamme, la Peavey Unity 4, se positionne comme le couteau suisse du soliste. Avec ses deux entrées combo XLR/Jack et son canal stéréo, elle constitue l'outil de travail au casque ultime pour le bassiste solitaire ou le podcasteur. Il suffit de brancher sa basse dans l'entrée 1 et de lancer un morceau via le téléphone en Bluetooth pour commencer à relever des lignes ou répéter efficacement.
En montant d'un cran, la Peavey Unity 6 s'impose comme le standard pour le home-studio grâce à son nombre accru d'entrées lignes. Son atout majeur réside dans la possibilité de laisser une configuration complète branchée en permanence : basse, micro chant pour les maquettes, ainsi qu'un clavier ou une boîte à rythmes. De plus, elle intègre un berceau pour tablette ou smartphone, un détail ergonomique très pratique pour garder un œil sur ses playlists ou ses partitions.
Enfin, la Peavey Unity 8 vise les petites formations ou les bassistes exigeants en quête d'une solution "petite pro". Elle se distingue par son suppresseur de larsen intégré (Feedback Suppressor), une fonctionnalité salvatrice pour gérer ses retours sur scène sans risquer ses tympans. Contrairement à ses petites sœurs, elle bénéficie d'une connectique XLR plus robuste adaptée au live et offre la possibilité de lire des samples ou backing tracks directement depuis une clé USB, affranchissant ainsi le musicien de l'ordinateur.
Soyons honnêtes, la plupart des tables de mixage "grand public" maltraitent la basse. Préamplis faibles, impédance inadaptée qui bouffe les aigus... Ici, Peavey semble avoir compris la leçon.
L'Entrée Hi-Z (Haute Impédance)
C'est la fonctionnalité critique. Les modèles Unity proposent une commutation Hi-Z. Concrètement, vous pouvez brancher votre Basse Passive (Jazz Bass, Precision) directement dans la table sans passer par une DI Box externe. Le son garde sa dynamique et son brillant. Pour une basse active, ça marche aussi très bien, mais pour les puristes du passif, c'est un game changer sur une table de ce prix.
Le Compresseur Intégré
Sur les entrées micro/instrument, Peavey a intégré un compresseur "one-knob" (un seul bouton, probablement sur les modèles 6 et 8, à confirmer selon les versions finales). Pour la basse, c'est vital. Cela permet de lisser votre jeu avant qu'il n'entre dans l'ordinateur, évitant les clips numériques désagréables lors d'un slap un peu trop violent.
La Latence et l'USB-C
En utilisant la table comme carte son, l'USB-C promet une latence très faible. C'est crucial si vous utilisez des plugins d'ampli (type Neural DSP ou Amplitube) sur votre ordinateur tout en vous écoutant en temps réel.
| Les + (On aime) | Les - (On aime moins) |
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| Rapport qualité/prix Peavey (généralement imbattable). | Interface physique un peu serrée sur la Unity 4. |
| Robustesse légendaire de la marque. | Qualité des réverbes à vérifier (souvent le point faible à ce prix, même si secondaire pour la basse). |
| Intégration du Bluetooth 5.0 (fini les câbles mini-jack foireux). | |
| Véritable entrée Instrument (Hi-Z). |
Si vous cherchez à remplacer votre vieille carte son Scarlett ou votre petite mixette Behringer qui souffle, la Peavey Unity 8 est un candidat très sérieux. Pour le bassiste moderne qui stream, qui s'enregistre et qui veut un son propre sans emporter un rack de 20kg, c'est une solution "tout-en-un" très séduisante.
N'hésitez pas à nous dire en commentaire si vous avez craqué !
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