Si la quête de l'octaver parfait est souvent le Saint Graal du bassiste moderne, Aguilar vient peut-être de redéfinir les règles du jeu avec sa toute nouvelle création : l'Octamizer DLX. Connue et respectée pour la musicalité de ses circuits, la marque new-yorkaise ne s'est pas contentée de rééditer son classique Octamizer. Elle propose ici une refonte complète, transformant une pédale d'effet standard en une véritable station de synthèse pour basse, capable de gérer aussi bien les graves abyssaux que les textures harmoniques supérieures.
L'Octamizer original s'était taillé une place de choix sur les pedalboards grâce à son caractère organique et chaud. Avec la version DLX, Aguilar conserve cet héritage tout en propulsant le concept vers de nouveaux horizons sonores. Dès le premier regard, le changement de gabarit saute aux yeux. Le boîtier s'est élargi pour accueillir une interface de contrôle nettement plus ambitieuse, dominée par trois footswitches distincts. Cette architecture physique trahit immédiatement l'intention du fabricant : offrir une flexibilité de jeu en temps réel, loin des pédales qu'on active et qu'on oublie.
Le nerf de la guerre pour tout octaver reste sa capacité à suivre le jeu du musicien sans décrochage ni latence, le fameux "tracking". Aguilar a développé pour le DLX un nouveau moteur DSP propriétaire. L'objectif est clair : assurer une stabilité irréprochable sur toute l'étendue du manche, y compris pour les bassistes jouant sur des instruments à cinq ou six cordes. La promesse est celle d'une réponse naturelle qui respecte la dynamique de jeu, que l'on soit dans un registre subtil ou dans une attaque plus agressive. Cette précision permet de maintenir une clarté absolue, même lorsque l'on commence à empiler les différentes voix disponibles.
Une octave inférieure à double personnalité
La section "Octave Down", qui constitue la fondation de l'effet, a été considérablement enrichie. Au lieu d'une sonorité unique, le musicien a désormais le choix entre deux modes distincts qui changent radicalement la couleur du sub-grave. Le mode A reprend l'ADN de l'Octamizer original. Il offre ce balayage de filtre caractéristique, capable de passer de rondeurs fréquentielles douces à des textures plus tranchantes et synthétiques. C'est le son que les fans de la marque connaissent et adorent.
Cependant, c'est avec le mode B que la pédale dévoile un nouveau visage. S'inspirant des circuits d'octave "dividers" vintage, ce mode apporte un grain plus sale, plus granuleux, riche en caractère. Il pousse la basse vers des territoires sonores plus proches du synthétiseur analogique old-school, idéal pour des lignes de basse qui nécessitent de percer le mix avec une attitude plus marquée.
L'apparition de l'Octave Up
La véritable révolution de ce modèle DLX réside dans l'intégration d'un moteur dédié à l'octave supérieure. Contrairement à de nombreux effets qui se contentent de transposer le signal avec un rendu souvent criard ou artificiel, Aguilar a conçu cette voix spécifiquement pour la guitare basse. L'intention est d'ajouter du contenu harmonique expressif sans introduire la dureté ou la latence souvent associées aux octaves supérieures numériques.
Cette nouvelle voix dispose de ses propres contrôles de volume et de filtre, permettant de sculpter le son aigu indépendamment des graves. Cela ouvre la porte à des sonorités de type "basse 8 cordes" ou à des solos qui chantent véritablement, tout en conservant une assise basse solide.
Une ergonomie pensée pour la scène
L'aspect le plus impressionnant de l'Octamizer DLX reste sans doute sa gestion des commutateurs. Aguilar a opté pour une approche modulaire totale en attribuant un footswitch à chaque composante du son : le signal clair (Clean), l'octave inférieure et l'octave supérieure. Cette configuration libère le musicien des contraintes habituelles où l'équilibre entre le son direct et l'effet est figé par des potentiomètres.
Concrètement, cela signifie qu'il est possible d'engager ou de désengager n'importe quelle voix à la volée. Vous pouvez commencer un morceau avec un son de basse clair, introduire l'octave inférieure pour un refrain massif, puis ajouter l'octave supérieure pour un pont mélodique, ou même couper le signal clair pour ne laisser que les voix synthétisées. Cette capacité à "empiler" les sons instantanément transforme la pédale en un instrument à part entière, invitant à la créativité et à l'expérimentation en plein concert sans avoir à se baisser pour toucher aux réglages.
Avec l'Octamizer DLX, Aguilar ne se contente pas de suivre la tendance, mais propose une vision aboutie de ce que doit être un octaver moderne. En combinant la chaleur analogique de ses filtres avec la précision d'un tracking numérique de pointe et une ergonomie de scène exemplaire, cette pédale s'impose comme un outil créatif puissant. Elle ravira autant les amateurs de funk à la recherche de la note fondamentale parfaite que les explorateurs sonores en quête de textures synthétiques riches et complexes.
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