Pour les 75 ans de la P-Bass, Loog signe sa toute première basse : une Precision à trois cordes, diapason de 21,6 pouces, un micro et une vraie sortie jack. Destination : les petites mains.
Soixante-quinze ans et trois cordes
En 1951, Leo Fender sortait de son atelier de Fullerton l'instrument qui allait faire sortir la contrebasse du devant de la scène : la Precision Bass, première basse électrique produite en série. « Precision », parce que ses frettes promettaient de jouer juste là où la contrebasse exigeait l'oreille. Soixante-quinze ans plus tard, Fender célèbre l'anniversaire à coups de rééditions et de séries spéciales, de l'American Vintage II 1951 à une 75th Anniversary American PJ Bass affichée 2 699,99 $ outre-Atlantique. Et voici, annoncée le mercredi 4 novembre, la P-Bass la plus abordable de la fête. Elle n'a que trois cordes, et elle vise les enfants.
La Fender × Loog Precision Bass est la première basse de Loog, la marque fondée en 2011 par Rafael Atijas pour faire jouer les enfants dès le premier jour. Conçue avec Fender mais fabriquée par Loog, elle rejoint la collection Fender × Loog inaugurée à l'été 2023 avec une Stratocaster et une Telecaster à trois cordes. Pour Atijas, l'affaire est personnelle : la basse a été son premier instrument, à 13 ans. La boucle, dit-il, est bouclée.
Un portrait de 51, en format de poche
Côté look, Loog n'a pas fait semblant. La tête est authentiquement Fender, et l'instrument reprend les codes du modèle 1951 jusqu'à la petite barre repose-doigt vissée sous les cordes, détail que les amateurs de vintage repéreront au premier coup d'œil. La finition White Blonde s'inspire directement de celle de l'original. Elle est accompagnée de deux classiques du nuancier Fender, Candy Apple Red et Sea Foam Green, et d'une série limitée Hello Kitty Black, avec graphisme du célèbre chat et repères de touche rouges selon MusicRadar, réservée à la boutique de Loog et à quelques revendeurs.
Sous le vernis, la fiche tient en quelques lignes : trois cordes accordées Mi, La, Ré (les trois cordes graves d'une quatre cordes, en accordage standard), un diapason de 21,6 pouces, soit environ 549 mm, un unique micro et une sortie jack 6,35 mm standard pour se brancher sur n'importe quel ampli. Le tout en vrai bois, insiste Loog, qui revendique un instrument et non un jouet.
Pour mesurer ce que représentent ces 549 mm, sortons le mètre. Une Precision classique tend ses cordes sur 864 mm (34 pouces), une short scale sur 762 mm (30 pouces), et la Squier Mini Precision Bass, la P-Bass réduite que Fender propose déjà, sur 726 mm. La Loog retire encore près de 18 cm à cette dernière.
| Modèle | Fender × Loog Precision Bass |
|---|---|
| Fabrication | Loog, en collaboration avec Fender |
| Cordes | 3 : Mi, La, Ré (accordage standard) |
| Diapason | 21,6 pouces (≈ 549 mm) |
| Micro | 1 (type non communiqué) |
| Sortie | Jack 6,35 mm |
| Corps | Bois (essence non communiquée) |
| Finitions | White Blonde, Candy Apple Red, Sea Foam Green ; série limitée Hello Kitty Black |
| Fourni | Livret d'activités Fender, accès à l'application Loog (section basse annoncée mi-novembre) |
| Prix public | 229 € · 199 £ · 229,99 $ |
| Disponibilité | Annoncée immédiate dans le monde (loogguitars.com, fender.com, revendeurs sélectionnés). Stock France à confirmer. |
Trois cordes, est-ce assez pour apprendre ?
C'est toute la philosophie Loog, déjà éprouvée sur ses guitares : retirer des cordes pour rendre le manche accessible, sans rien changer à ce qu'on y apprend. Sur une basse, le pari est même plus naturel qu'à la guitare. Mi, La, Ré : c'est là que vivent la plupart des premières lignes d'un débutant. Le grand classique fondamentale-quinte-octave tient tout entier sur ces trois cordes dès que la fondamentale est posée sur la corde de Mi, et chaque position apprise se retrouvera à l'identique sur une quatre cordes le jour du passage à l'instrument adulte. Seule la corde de Sol manque à l'appel, celle des aigus et des lignes mélodiques. Elle attendra bien quelques années.
Reste la vraie question technique, celle qu'on brûle de vérifier en main : la tension. Loog parle de cordes de basse standard, sans en publier les tirants. Or la tension varie avec le carré de la longueur vibrante : à tirant et à note égaux, une corde tendue sur 549 mm ne travaille qu'à environ 40 % de la tension qu'elle aurait sur un diapason de 34 pouces. Les autres basses ultra-courtes du marché, comme l'Ashbory ou le U-Bass de Kala, ont contourné le problème avec des cordes en silicone ou en polyuréthane. Loog revendique au contraire des cordes de basse classiques. Quels tirants, quelle sensation sous les doigts, quelle tenue d'accord sur un manche aussi court : nous le dirons dès qu'un exemplaire passera entre nos mains.
Comme les guitares de la collection, la basse est livrée avec un livret d'activités maison, fait de jeux, de quiz et de défis créatifs autour de l'histoire Fender, le tout sans écran. Elle donne aussi accès à l'application d'apprentissage Loog, avec leçons vidéo et exercices façon jeu. Petit bémol de calendrier : selon la fiche produit de Loog, la section consacrée à la basse n'arrivera dans l'appli qu'à la mi-novembre. Autre point à surveiller pour les familles françaises : un revendeur allemand indique que l'application des guitares Fender × Loog est en anglais, et l'on ignore encore si le module basse sera traduit.
Loog n'a pas encore fixé d'âge minimum pour sa basse ; ses guitares Fender × Loog sont conseillées à partir de 6 ans. La marque glisse d'ailleurs que sa P-Bass miniature pourrait aussi séduire les adultes en quête d'une basse de voyage. Avis aux bassistes qui ont déjà tenté de caser une 34 pouces dans un bagage cabine.
229 € : le juste prix d'une première basse ?
Le prix public annoncé est de 229 € en Europe, 199 £ au Royaume-Uni et 229,99 $ aux États-Unis, soit 10 € de plus que les Stratocaster et Telecaster Fender × Loog, affichées 219 € sur la boutique européenne de Fender. La comparaison qui pique se trouve dans la même maison : la Squier Mini Precision Bass, quatre cordes, micro split-coil, volume et tonalité, est vendue 169 € sur le site européen de Fender. Soixante euros de moins pour une basse plus complète, donc, mais aussi nettement plus grande. Les deux instruments ne visent pas les mêmes gabarits : la Loog s'adresse aux bras encore trop courts pour un diapason de 726 mm, là où la Mini Squier conviendra plutôt à un enfant plus grand.
Dans les deux cas, prévoyez un ampli : sortie jack oblige, la Loog n'est pas faite pour jouer débranchée. À titre indicatif, le petit Rumble 15 de Fender est affiché 149 € sur sa boutique européenne.
Disponibilité : annoncée partout, à vérifier chez nous
Selon le communiqué, la basse est disponible depuis le 4 novembre sur loogguitars.com, sur fender.com et chez une sélection de revendeurs dans le monde. Pour la France, la prudence s'impose : au moment où nous écrivons, nous n'avons pas pu confirmer quels magasins l'ont effectivement reçue, ni en quelles quantités. Quant à la série limitée Hello Kitty Black, la boutique américaine de Loog l'annonce disponible « à partir du 12.2 », vraisemblablement le 2 décembre. Nous mettrons cet article à jour dès que les premiers stocks français seront identifiés.
Ce qu'on ne sait pas encore
- L'essence du corps et du manche, le nombre de cases et le poids.
- Le type de micro et la présence ou non d'un réglage de tonalité.
- Les tirants de cordes montés d'origine.
- L'âge minimum conseillé pour la basse.
- La langue du module basse de l'application Loog.
- Les revendeurs français approvisionnés et les volumes livrés.
Côté guitare : une Telecaster Butterscotch Blonde
La basse n'arrive pas seule. Loog et Fender ajoutent à la collection une Telecaster à trois cordes en Butterscotch Blonde avec plaque noire, clin d'œil aux premières Tele, au même prix que la basse. De quoi monter un groupe de rock familial ; il ne manquera que le batteur.
Leo Fender avait dessiné la Precision pour les bassistes de big band que l'on n'entendait plus derrière les cuivres. Il n'imaginait sans doute pas qu'elle finirait un jour, rétrécie et délestée d'une corde, dans une chambre d'enfant. Mais s'il est un instrument qui a appris au monde qu'on pouvait faire beaucoup avec peu, c'est bien celui-là.
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