Eastwood remet en production sa basse la plus improbable : une réédition du plus beau fiasco commercial de l'histoire de la lutherie électrique américaine. Quarante-cinq exemplaires vendus en 1967, une résurrection par DEVO, et aujourd'hui une campagne de financement participatif à 849 $. Retour sur une idée si bête qu'elle en est devenue géniale — et décryptage technique de ce que vaut vraiment cette basse pour un bassiste de 2026.
Qui a bien pu valider ce prototype ubuesque ? La La Baye 2x4 est de ceux-là. Un rectangle de bois. Un manche vissé dedans. Deux micros posés dessus. Aucune corne, aucun pan coupé, aucune concession à l'ergonomie ni au regard. C'est une porte de placard sur laquelle on aurait tendu des cordes — et c'est exactement ce que son créateur revendiquait.
Eastwood Guitars, dont le fonds de commerce consiste depuis vingt ans à ressusciter les instruments que l'industrie a préféré oublier, vient d'annoncer le retour de la version basse via sa plateforme de précommande Guitstarter. L'occasion de raconter une histoire américaine parfaite : celle d'un professeur de guitare du Wisconsin qui avait raison trop tôt, d'une usine du Kansas au bord de la faillite, et d'un groupe de l'Ohio qui a transformé un échec industriel en icône new wave.
1967 : « une guitare électrique, c'est une planche avec un manche »
Le personnage central s'appelle Dan Helland. Guitariste et professeur à Green Bay, dans le Wisconsin, il travaille au milieu des années 1960 chez Henri's Music, une chaîne de magasins de musique locale. Vers 1964-1965, il formule un raisonnement d'une logique implacable et parfaitement suicidaire sur le plan commercial : si une guitare solidbody n'est, fondamentalement, qu'un morceau de bois plein auquel on visse un manche et sur lequel on visse des micros, alors toute la sculpture des corps — les cornes, les pans coupés, les galbes hérités de Fender et Gibson — n'est que du décor. Du poids et du coût en plus, sans contrepartie sonore.
Helland en tire la conclusion la plus radicale possible : il dessine un corps qui est littéralement une planche de two-by-four, la section de bois de charpente standard aux États-Unis. D'où le nom de l'instrument. Quant à la marque, « La Baye », c'est simplement la forme française du nom de la ville où il compte les vendre : Green Bay.
Une guitare électrique solidbody, c'est une planche de bois avec un manche et des micros. Tout le reste est du dessin.
LE RAISONNEMENT DE DAN HELLAND, TEL QUE RAPPORTÉ PAR VINTAGE GUITAR
Le mariage improbable avec Holman-Woodell
Restait à fabriquer. Helland savait dessiner des corps, pas produire des manches en série. Il se tourne vers Holman-Woodell Inc., une usine fondée en mai 1965 à Neodesha, dans le Kansas, par Howard E. Holman et Victor A. Woodell. L'entreprise vivait jusque-là d'un contrat de sous-traitance pour Wurlitzer — contrat qui venait de voler en éclats, les finitions des guitares Wurlitzer ayant la fâcheuse tendance à s'écailler en sortie d'usine.
L'accord est donc un mariage de désespoir mutuel : Holman-Woodell fournit les manches (érable, touche palissandre, incrustations nacre) et une partie de la quincaillerie, Helland apporte ses corps rectangulaires et son concept. Les instruments La Baye partagent d'ailleurs de nombreux composants avec les guitares Wurlitzer sorties du même atelier — mêmes micros Sensi-Tone proches des DeArmond, même vibrato dérivé du principe Bigsby.
Trois modèles, une gamme complète… sur le papier
La ligne La Baye 2x4 est déclinée en trois versions, aux noms d'une sobriété administrative :
- La Six — la guitare six cordes, le modèle emblématique ;
- La Twelve — la douze-cordes, aujourd'hui la plus recherchée des collectionneurs ;
- La Four — la basse quatre cordes, l'ancêtre direct de l'instrument dont il est question ici.
Les commandes se font par de petits potentiomètres à molette (deux volumes, deux tonalités) implantés sur la tranche du corps, faute de table sur laquelle les loger élégamment. Le sélecteur trois positions, lui, est monté en bas de l'instrument — un emplacement que tous les témoignages d'époque et modernes décrivent comme un défaut de conception majeur : on le cherche, on ne le trouve pas, et quand on le trouve, on l'actionne par accident.
Le NAMM de l'été 1967 : succès d'estime, zéro commande
Helland présente sa gamme au salon NAMM d'été 1967, à Chicago. L'instrument fait sensation : tout le monde s'arrête, tout le monde commente, tout le monde photographie. Personne ne commande. Pas un bon de commande signé. Le salon terminé, il ne reste à La Baye que quelques ventes locales et deux caisses de résonance médiatiques minuscules : Tommy James and the Shondells, alors au sommet, et les Robbs, un groupe de Milwaukee.
Le décompte final est brutal : environ 45 instruments produits, toutes versions confondues — Six, Twelve et Four cumulées. En 1968, le marché de la guitare américain entre dans sa grande dépression post-British Invasion ; Holman-Woodell ferme définitivement. La Baye disparaît avant même d'avoir existé.
LE PARADOXE DE LA RARETÉ
Ce qui a tué La Baye en 1967 fait aujourd'hui sa valeur. Avec 45 exemplaires produits et un taux de survie inconnu, la 2x4 originale est l'un des instruments américains des années 1960 les plus rares en circulation. Les cotes relevées sur le marché de l'occasion spécialisé s'échelonnent aujourd'hui de 3 000 à 6 000 $ selon l'état et le modèle. Une basse « Four » d'origine, elle, relève quasiment de l'événement : on en voit passer une tous les quelques années.
Comment DEVO a sauvé une planche de l'oubli
Onze ans après la faillite, la 2x4 refait surface là où personne ne l'attendait : à Akron, Ohio, entre les mains de Bob Mothersbaugh — « Bob 1 » — guitariste de DEVO. Le groupe cherchait un vocabulaire visuel de la déshumanisation, de l'industriel, du fonctionnel poussé jusqu'à l'absurde : une guitare qui ressemble à une pièce détachée de chaîne de montage tombait à pic.
Mothersbaugh joue une La Baye 2x4 Six dans la vidéo de la reprise de (I Can't Get No) Satisfaction en 1978, ainsi que lors des premiers concerts new-yorkais du groupe. Il continue de la sortir en concert sur Mr. DNA, où il a pris l'habitude de casser les cordes en tirant vers le haut sur le bras de vibrato — un geste de scène qui a fait plus pour la légende de l'instrument que tout le marketing de 1967.
PRÉCISION QUI A SON IMPORTANCE POUR LES BASSISTES
La 2x4 est une guitare DEVO, pas une basse DEVO. Gerald « Jerry » Casale, bassiste gaucher du groupe, n'a jamais tenu de La Baye : il a joué une Gibson EB-3 aux débuts d'Akron et de New York, puis sa fameuse Gibson Ripper modifiée — les cornes sciées et un rembourrage sous l'avant-bras, la « Spudbass » —, une basse maison en contreplaqué à micros DiMarzio en 1980, avant d'adopter la Steinberger L2 dès sa sortie en 1981. Eastwood assume d'ailleurs la filiation dans sa communication : la basse est « inspirée par » l'instrument de Bob 1, elle ne prétend pas reproduire une basse historiquement jouée sur scène par DEVO.
L'archéologue de Toronto reprend le dossier
Eastwood Guitars a bâti son modèle économique sur une intuition simple : le marché des instruments « bizarres » des années 1960 est plus profond que ce que l'industrie mainstream imagine, mais les originaux sont rares, chers et fragiles. Rééditer à prix accessible ce que Fender et Gibson n'ont jamais fabriqué, voilà le créneau.
La marque relance la 2x4 en 2014. Le modèle devient l'un de ses meilleurs vendeurs, au point de donner naissance à une DEVO Signature officielle : corps basswood, manche érable vissé, touche palissandre 22 cases, diapason 24,75 pouces, deux P-90 haute sortie maison, vibrato Bigsby B-50 ou cordier fixe, mécaniques Gotoh, pour un tarif situé autour de 749 $ (829 $ en gaucher). La presse spécialisée en retient une sonorité mordante, taillée pour le rock, un manche en C confortable — et le seul vrai reproche possible : l'absence de pan supérieur sur lequel poser l'avant-bras droit.
Dans la foulée, Eastwood a dérivé une version basse en production limitée, distribuée il y a une dizaine d'années autour de 895 $ moyens sur le marché. Elle a disparu du catalogue, et n'a jamais cessé d'être réclamée. C'est cette basse-là qui revient aujourd'hui.
La Baye 2x4 Bass Reissue : ce qu'il y a dans la caisse
SPÉCIFICATIONS ANNONCÉES — EASTWOOD LA BAYE 2X4 BASS REISSUE (2026)
| Corps | Basswood (tilleul), forme rectangulaire sans pan coupé |
|---|---|
| Manche | Érable, vissé (bolt-on) |
| Touche | Palissandre, repères points |
| Diapason | 30 1/2 " — soit 775 mm (short scale) |
| Largeur au sillet | 1 5/8 " — soit 41,3 mm |
| Micros | 2 humbuckers EW Custom Hi-Output |
| Électronique | Passive : 2 volumes, 2 tonalités, sélecteur 3 positions |
| Chevalet | Tune-O-Matic + cordier stop-tail |
| Accastillage | Gotoh, finition nickel/chrome |
| Poids | 3 629 g (≈ 8 lbs) |
| Finition | Rouge (seule teinte annoncée à ce stade) |
| Gaucher | Non proposé sur cette campagne |
| Livrée avec | Housse rembourrée sur mesure (forme spécifique) |
| Prix public | 849 $ US |
Avertissement d'usage : Eastwood précise que les visuels publiés sont des mockups, des images de synthèse destinées à valider le design. Aucun exemplaire de série n'existe encore. Les spécifications ci-dessus sont donc des intentions de fabrication, susceptibles d'évoluer d'ici la production — c'est la règle du jeu de toute précommande.
Ce que ces choix techniques impliquent
Le diapason 30,5 " : un vrai parti pris, pas un accident
775 mm, c'est du short scale caractérisé — dans le territoire de la Gibson EB, du Mustang Bass ou d'une Höfner. La conséquence physique est mécanique : à accordage égal et à jauge égale, la tension des cordes chute d'environ 12 à 15 % par rapport à un diapason 34 ". Cela se traduit par un toucher plus souple, des bends et du vibrato plus faciles, un legato plus naturel — et un fondamental un peu plus rond, avec des harmoniques supérieures légèrement moins présentes. Le fameux « thump » court de diapason.
Le corollaire est tout aussi mécanique : on perd en définition dans le bas médium et la corde de Mi peut manquer de tenue si l'on monte un jeu standard. Un point pratique à anticiper pour qui précommande : il faudra des cordes short scale (D'Addario EXL, Rotosound, La Bella Deep Talkin' pour du filet plat — tous en déclinaison « short scale » ou « medium » selon la longueur du corps à la cheville). Un jeu long scale monté de force verra sa soie de fin de corde arriver sur le sillet : à proscrire.
À noter : ce diapason ultra-court est aussi une conséquence directe de la géométrie du corps. Sur une planche sans corne, tout allongement du diapason recule le manche vers la droite et rend l'accès aux premières cases franchement pénible debout. Le 30,5 " est autant un choix ergonomique qu'un choix sonore.
Deux humbuckers haute sortie sur du basswood
Le changement le plus significatif par rapport à la guitare : là où la Six embarque des P-90, la basse passe sur deux humbuckers EW Custom haute sortie. Le choix est cohérent pour un instrument destiné à la scène : pas de ronflette 50 Hz sous les projecteurs, un niveau de sortie élevé qui pousse volontiers l'étage d'entrée d'un ampli à lampes ou d'une pédale d'overdrive, et une signature plutôt épaisse dans le bas médium.
Associés à un corps en basswood — bois léger, tendre, à réponse médium généreuse et à extrêmes un peu arrondis —, on peut raisonnablement anticiper un son compressé, épais, très « rock », plus proche d'une esthétique EB/Ripper que d'une Precision ou d'une Jazz Bass. Ce n'est pas une basse à slap analytique : c'est une basse à médiator, à fuzz, à ligne qui pousse.
Le câblage deux volumes / deux tonalités / sélecteur trois positions est le circuit Gibson classique. Il autorise le truc le plus utile de cette topologie : en position intermédiaire, dévisser légèrement le volume d'un micro pour créer des déphasages partiels et des textures creusées, tout en gardant un rappel de volume instantané au pied levé. Sur une basse passive, c'est un outil de scène réel.
Un Tune-O-Matic sur une basse : le point à surveiller
Le choix du chevalet Tune-O-Matic avec cordier stop-tail est fidèle à l'esprit du modèle et à la tradition Gibson. Il faut cependant en connaître les limites sur un instrument grave : les pontets d'un TOM offrent un débattement d'intonation plus réduit qu'un chevalet de basse moderne à réglage individuel long, et les gorges de pontets sont dimensionnées pour des jauges précises. Concrètement, si vous prévoyez de monter un jeu très gros (.110 et au-delà) ou d'accorder en Ré ou en Do, il faudra probablement ré-ajuster ou limer les gorges — travail d'atelier banal, mais qu'il vaut mieux avoir prévu.
L'autre implication est la hauteur d'action : le couple TOM/stop-tail donne un angle de rupture des cordes plus marqué qu'un chevalet-cordier intégré à la Fender, ce qui augmente la pression sur les pontets. Bonne nouvelle pour le sustain et le couplage au corps, moins bonne pour le confort si l'on cherche une action très basse.
41,3 mm au sillet : un manche étroit
1 5/8 ", c'est étroit pour une basse : une Precision standard tourne autour de 41,3 mm elle aussi (1,625 ")… mais une Jazz Bass est à 38 mm et une Precision moderne monte souvent à 42,9 mm (1,7 "). On est donc dans une largeur de type « P-Bass vintage », resserrée par rapport aux standards actuels, ce qui va bien avec le format compact de l'instrument et facilite le jeu aux petites mains. Les adeptes du jeu à trois doigts main droite avec beaucoup d'espacement entre cordes y trouveront moins leur compte.
Jouer une planche : ce qu'en disent ceux qui l'ont fait
C'est le vrai sujet de cet instrument, et les retours d'utilisateurs de la précédente série Eastwood sont ici plus instructifs que n'importe quelle fiche technique.
Debout, avec une sangle, la basse s'équilibre correctement. C'est le point que la plupart des sceptiques n'anticipent pas : le corps rectangulaire concentre la masse le long d'un axe, et avec 3,6 kg répartis sur une surface étroite, le point d'équilibre reste gérable. Pas de neck dive catastrophique signalé.
Assis, c'est une autre histoire. Le témoignage récurrent est celui-ci : l'instrument « a tendance à vouloir glisser » sur la cuisse. Sans galbe ni pan coupé pour caler le corps, rien ne l'empêche de pivoter ou de descendre. Ceux qui répètent assis devront soit garder la sangle, soit prévoir un patin antidérapant — un détail trivial, mais qui décide souvent du sort d'un instrument dans une collection.
L'avant-bras droit n'a pas d'appui. C'est le point commun avec la guitare : pas de pan supérieur, donc pas de surface naturelle où poser le poignet. La position de main droite se trouve, mais elle demande une adaptation réelle sur les premières heures.
Sur la qualité de fabrication, en revanche, les retours de la série précédente sont nettement favorables : profil de manche « généreux mais confortable », emmanchement serré, finition polyuréthane bien exécutée, mécaniques et chevalet tenant l'accord. Réglage d'usine perfectible mais mis au point en moins de dix minutes. Et un constat sonore qui revient : le grave est « plein et punchy », bien plus consistant que ne le laisse craindre le format.
Guitstarter : comprendre ce que l'on signe
La basse n'est pas en stock, et elle ne le sera que si suffisamment de gens la commandent. Eastwood la propose via Guitstarter, sa plateforme maison de financement participatif, qui fonctionne différemment d'une précommande classique :
- Un acompte réserve l'exemplaire — 150 $ pour cette basse (la fourchette générale Eastwood va de 100 à 300 $ selon le prix final de l'instrument).
- Un seuil de production doit être atteint. À l'heure où nous écrivons, la campagne affiche 4 soutiens sur les 12 nécessaires, soit 33 % de financement.
- Le solde est appelé une fois la campagne bouclée et l'instrument prêt à expédier. Eastwood annonce généralement 3 à 4 mois de production après clôture du financement.
- La rétractation reste possible tant que la production n'est pas engagée — Eastwood indique un délai de l'ordre de 7 à 10 jours après la clôture du financement, au-delà duquel l'acompte devient non remboursable.
Pour qui, et pourquoi ?
Soyons clairs sur ce que cette basse n'est pas : ce n'est pas un instrument principal. Le diapason court, le circuit passif Gibson, l'ergonomie sacrificielle et l'absence de polyvalence tonale en font un instrument de caractère, pas un couteau suisse. Aucun bassiste de session ne remplacera sa Jazz par une planche rouge.
Mais poser la question dans ces termes, c'est passer à côté du sujet. La La Baye 2x4 Bass s'adresse à trois publics très précis :
- Le bassiste de scène qui a besoin d'une image. Dans un groupe post-punk, new wave, garage, art rock, cet instrument fait la moitié du travail visuel avant la première note. C'est un argument scénique, et il faut l'assumer comme tel.
- Le collectionneur d'instruments improbables. Ceux pour qui une originale à 5 000 $ est hors de portée, mais qui veulent l'objet, l'histoire et la conversation qui va avec — pour le prix d'une basse d'entrée de gamme correcte.
- Le producteur ou le home-studiste. Une short scale à humbuckers épais est un outil de couleur redoutable en overdub : elle occupe un registre différent d'une 34 ", elle s'assied bien dans un mix dense et elle sonne immédiatement « autre chose ».
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Il y a enfin une dimension qu'il serait dommage de négliger. Dan Helland avait tort commercialement et raison intellectuellement : une bonne partie de ce qui définit la forme d'une basse électrique relève de la convention et non de l'acoustique. Que sa démonstration ait mis soixante ans à trouver son public, qu'elle soit passée par un groupe d'Akron déguisé en cadres retraités et qu'elle ressorte en 2026 sous forme de campagne participative canadienne — voilà qui dit quelque chose de juste sur la façon dont les idées circulent dans le monde des instruments.
Reste une question ouverte, et elle est purement arithmétique : il manque huit soutiens sur douze. Si la campagne n'atteint pas son seuil, cette basse retournera dormir là où elle a passé l'essentiel des soixante dernières années. Ce serait, une seconde fois, dommage.
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