On l’attendait, on l’espérait, on la redoutait un peu : trois semaines après avoir dévoilé la guitare Antares, Kiesel Guitars a sorti la version basse. Cinq cordes, corps offset taillé à la serpe, électronique Darkglass à bord et un tarif d’entrée à 2 099 dollars pour un instrument entièrement configurable et fabriqué en Californie. Autant le dire tout de suite : c’est l’une des nouveautés les plus excitantes — et les plus clivantes — de cet été 2026.
Antares Bass : une guitare d’abord, une basse ensuite
Le 8 juillet 2026, Kiesel dévoilait l’Antares en version guitare : un nouveau dessin de corps, disponible en 6, 7 et 8 cordes, à partir de 1 699 dollars. Chez Kiesel, un nouveau shape guitare qui marche finit presque toujours par traverser la frontière et atterrir chez les bassistes. Il aura fallu à peine trois semaines. Fin juillet, l’Antares Bass était officialisée, et elle a immédiatement pris la tête des articles les plus lus de la presse spécialisée. Preuve, s’il en fallait une, que le segment de la basse moderne agressive n’a jamais été aussi vivant.
L’histoire du dessin, elle, remonte plus loin. Selon Jeff Kiesel, vice-président de la marque, l’Antares est née en décembre 2024, pendant les congés de fin d’année, quand il s’est retrouvé seul dans l’atelier. « La raison pour laquelle ce modèle a mis autant de temps, c’est qu’on voulait qu’il réponde aux besoins du plus grand nombre », explique-t-il. Presque deux ans entre le premier croquis et la mise en production : pour une marque qui sort des modèles à un rythme soutenu, c’est un temps de gestation inhabituellement long. Et ça se sent.
Kiesel Guitars : petit rappel des faits
Pour les lecteurs qui découvriraient la marque : Kiesel, ce n’est pas un nouveau venu opportuniste. C’est l’une des plus vieilles maisons américaines encore debout. Lowell Kiesel fonde la L.C. Kiesel Company à San Diego en 1946 pour fabriquer des micros. En 1949, l’entreprise déménage à Baldwin Park et prend le nom de Carvin, contraction des prénoms de ses deux fils aînés, Carson et Gavin. Des décennies durant, Carvin se fait une réputation sur un modèle rare à l’époque : la vente directe, sans intermédiaire, avec des instruments faits sur mesure.
En 2015, la société se scinde. La division instruments prend son autonomie et reprend le nom de famille : Kiesel Guitars. Mark Kiesel préside, son fils Jeff occupe la vice-présidence et pilote le design. Aujourd’hui, l’atelier californien sort environ 4 000 instruments custom par an avec une cinquantaine de salariés, toujours en vente directe. C’est ce modèle économique qui explique l’équation tarifaire de l’Antares : un instrument configurable pièce par pièce, fabriqué aux États-Unis, à un prix qui reste sous la barre symbolique des 2 500 dollars en configuration de base.
Le design de l’Antares Bass : un dessin qui ne s’excuse pas
Soyons clairs : l’Antares Bass ne fait aucun effort pour être consensuelle, et c’est très bien comme ça. Kiesel parle de « cutaways supérieurs marqués, de cornes allongées et acérées et d’un corps profondément offset pour maximiser l’esthétique metal ». Traduction : c’est pointu, c’est asymétrique, et ça se voit à trente mètres sur une scène. La corne grave file loin vers l’avant, la corne aiguë pique vers le bas, et l’ensemble donne une silhouette qui évoque autant les basses extrêmes des années 2000 que le design industriel contemporain.
Le corps est en aulne, un choix de bois qu’on pourrait trouver conservateur au regard de l’allure générale, mais qui a une vraie logique : l’aulne est léger, équilibré tonalement, et il permet de contenir le poids d’un corps aussi développé. Les chiffres officiels annoncent 117,5 cm de long, 38,1 cm de large, 44,5 mm d’épaisseur pour environ 3,6 kg. Pour une basse de cette taille apparente, c’est une très bonne nouvelle : on est sur le poids d’une Jazz Bass tout à fait raisonnable, pas d’une planche à repasser en frêne des marais.
Les détails de finition trahissent le travail de custom shop : bevels sculptés le long des arêtes pour l’appui de l’avant-bras (indispensable sur une forme aussi anguleuse), talon de manche radiusé pour l’accès aux aiguës, et un pickguard noir satiné dont la pointe suit le tracé côté aigu. Sur la version guitare, Kiesel a également monté un jack encastré affleurant et un bouton de sangle déporté à l’arrière ; on retrouve la même philosophie d’intégration sur la basse.
Côté tête, Kiesel n’a pas dessiné une pelle spécifique : l’Antares Bass reprend le Kyber Style Bass Headstock, déjà présent sur un autre modèle du catalogue. C’est le choix industriel logique — et c’est aussi le premier point sur lequel une partie des bassistes tique, on y reviendra.
« Cutaways marqués, cornes allongées et acérées, corps profondément offset : l’esthétique metal poussée au maximum. »
Le contrepoids en inox de la Kiesel Antares Bass : la solution qui fait parler
C’est LE détail dont tout le monde parle. Une basse avec une corne grave aussi longue et un corps aussi offset pose mécaniquement une question : est-ce que le manche pique du nez ? Kiesel a anticipé et livre l’Antares avec un contrepoids en acier inoxydable amovible de 590 grammes (1,3 lb), logé dans l’instrument et destiné à compenser le neck dive.
On peut lire ça de deux façons, et la communauté ne s’en est pas privée. Version verre à moitié plein : la marque a identifié un problème d’équilibre inhérent au dessin et fournit une solution modulaire, que le joueur retire ou conserve selon sa morphologie, sa sangle et sa position de jeu. Version verre à moitié vide : si le contrepoids est nécessaire, c’est que l’équilibre aurait dû être résolu à la planche à dessin, et 590 grammes ajoutés à 3,6 kg, ça fait un instrument à plus de 4,2 kg au bout de la sangle.
Notre avis : le fait que la pièce soit amovible change tout. Un contrepoids soudé serait un aveu ; un contrepoids optionnel, c’est un réglage. Beaucoup de basses très respectées piquent du nez sans que personne ne propose quoi que ce soit pour y remédier. Ici, on a le choix — et sur la version guitare, Kiesel propose la même logique avec une pièce en laiton usinée CNC. C’est de l’ingénierie assumée, pas du rustinage.
Manche, touche et frettes : la vraie surprise de l’Antares Bass
C’est là que l’Antares Bass devient sérieusement intéressante, parce que la fiche technique du manche est celle d’un instrument haut de gamme, sans compromis.
- Érable huilé au tung oil, vissé sur un talon radiusé. Pas de vernis : un toucher sec, rapide, qui ne colle pas sous le pouce en fin de set.
- Truss rod double action + deux barres de carbone. La combinaison qui garantit la stabilité, en particulier utile sur un 5 cordes qui va encaisser de la tension et des accordages bas.
- Diapason 34" (86,4 cm). Kiesel ne part pas sur du 35" ni sur du multi-diapason : c’est un choix classique, confortable, qui privilégie le feeling au gain de tension sur le si grave.
- 44,7 mm au sillet, 19,6 mm d’épaisseur à la première case et 22,4 mm à la douzième. Un profil fin et régulier, pensé pour la vélocité.
- Touche ébène, avec le choix entre un radius 14" (356 mm) et un radius 20" (508 mm). Le premier pour les amateurs de galbe traditionnel, le second quasi plat pour les slappeurs et les adeptes d’actions très basses.
- 24 frettes en acier inoxydable medium-jumbo (2,62 mm de large, 1,22 mm de haut). Les frettes inox en standard sur un instrument à ce tarif, c’est un argument massif : elles ne s’usent quasiment pas et offrent un glissé très net.
- Repères points nacre blanche sur la touche, Luminlay Super Blue cerclés de noir sur la tranche. Sur scène, dans le noir, on remercie.
L’ensemble raconte une chose : Kiesel a beau vendre un objet visuellement provocant, la partie qui touche les doigts a été traitée avec le sérieux d’un custom shop. Le diapason 34" combiné à un profil fin et à un radius plat en option, c’est le cahier des charges d’un instrument pensé pour jouer vite et propre.
Préampli Darkglass à bord : l’argument qui fait la différence
Le grand titre de cette annonce, ce n’est pas le dessin — c’est l’électronique. L’Antares Bass embarque un préampli Darkglass Electronics. Pour les bassistes qui reviennent de vacances : Darkglass, c’est la marque finlandaise devenue en une décennie la référence absolue de la saturation et du préamplification basse moderne, celle qu’on retrouve sur les pedalboards de la moitié des groupes de metal progressif de la planète.
Kiesel et Darkglass ne se découvrent pas : le partenariat a démarré début 2025 avec les modèles Z2 et O2, équipés d’un système 18 volts et d’un préampli Darkglass complet incluant un contrôle de médiums avec fréquence balayable. Sur l’Antares Bass, la configuration annoncée est plus resserrée :
- Volume master avec push-pull actif/passif — on garde un mode passif de secours, indispensable si la pile lâche au troisième morceau.
- Blend entre les deux micros, plutôt que deux volumes séparés : plus rapide à doser en live.
- Graves et aigus concentriques empilés, sur un seul axe, pour libérer de la place sur la table.
Trois potards seulement, donc, pour un instrument actif : c’est une table de contrôle épurée, cohérente avec la philosophie du dessin. On aurait aimé retrouver le balayage de médiums des Z2/O2 — c’est là que Darkglass fait ses plus jolies choses — mais la contrainte est probablement autant esthétique que technique : le corps offset et le pickguard pointu ne laissent pas des kilomètres de surface plane. À vérifier auprès de Kiesel : le configurateur de la marque autorise historiquement des variantes d’électronique, et il ne serait pas surprenant qu’une option plus complète apparaisse au fil des semaines.
Micros de la Kiesel Antares Bass : JVA, ou JVA + humbucker
Deux configurations sont proposées au lancement. La première aligne deux simples bobinages Kiesel JVA, les micros de type J que la marque monte notamment sur sa série J-Bass : un son ouvert, articulé, avec ce grain nasillard caractéristique quand on les mélange. La seconde associe un JVA à un humbucker HB, pour aller chercher plus de niveau, plus de bas-médium et une immunité au bruit qui a son intérêt sur scène avec beaucoup de gain en amont.
C’est le point où la discussion s’anime chez les puristes : la forme du corps ne laisse pas une place immense entre le chevalet et la fin de la touche, ce qui contraint les positions de micro et, mécaniquement, la palette sonore disponible. Certains bassistes auraient préféré des options de type soapbar plus larges, ou davantage de latitude sur le placement. C’est une critique légitime — mais elle vaut pour à peu près toutes les basses au dessin radical, et le blend associé au préampli Darkglass offre déjà une amplitude de correction très large.
Le chevalet est un Hipshot A-Style avec un espacement de 19 mm (0,748"). C’est la référence du secteur : massif, réglable finement, avec possibilité de passage des cordes par le corps ou par le chevalet selon les configurations. L’espacement de 19 mm sur un 5 cordes est généreux — les slappeurs apprécieront, les joueurs habitués aux 16,5 mm serrés des 5 cordes modernes devront s’adapter. L’accastillage est chromé, et l’instrument sort d’usine avec des cordes Dunlop Super Brights, un choix cohérent : des nickel à faible tension, brillantes, qui collent parfaitement au registre visé.
Kiesel Antares Bass : fiche technique complète
Toutes les données ci-dessous proviennent de la fiche officielle Kiesel et des annonces presse de juillet-août 2026. Conversions métriques indicatives.
| CARACTÉRISTIQUE | DÉTAIL |
|---|---|
| Modèle | Kiesel Antares Bass (custom shop, Californie) |
| Nombre de cordes | 5 cordes (configuration présentée au lancement) |
| Corps | Aulne, forme offset, bevels sculptés, pickguard noir satiné |
| Dimensions | 117,5 cm de long · 38,1 cm de large · 44,5 mm d’épaisseur |
| Poids | Environ 3,6 kg (8 lbs), hors contrepoids |
| Contrepoids | Acier inoxydable amovible, 590 g (1,3 lb) |
| Manche | Érable huilé (tung oil), vissé, talon radiusé |
| Renforts | Truss rod double action + deux barres de carbone |
| Diapason | 34" (86,4 cm) |
| Largeur au sillet | 44,7 mm (1,76") |
| Épaisseur du manche | 19,6 mm à la 1re case · 22,4 mm à la 12e |
| Touche | Ébène, radius 14" (356 mm) ou 20" (508 mm) |
| Frettes | 24 frettes inox medium-jumbo (2,62 × 1,22 mm) |
| Repères | Points nacre blanche + Luminlay Super Blue cerclés noir sur la tranche |
| Tête | Kyber Style Bass Headstock |
| Micros | Deux simples bobinages Kiesel JVA, ou JVA + humbucker HB |
| Préampli | Darkglass Electronics — actif/passif |
| Contrôles | Volume master (push-pull actif/passif), blend, graves/aigus concentriques |
| Chevalet | Hipshot A-Style, espacement 19 mm (0,748") |
| Accastillage | Chromé |
| Cordes d’origine | Dunlop Super Brights |
| Main | Droitier uniquement au lancement |
| Prix de départ | 2 099 $ (hors taxes et frais d’importation pour l’Europe) |
Prix de la Kiesel Antares Bass, options et délais
L’Antares Bass démarre à 2 099 dollars. Pour situer, voici où elle se place dans le catalogue basse de la marque : la Kyber Bass ouvre à 1 899 $, la P-Bass à 1 749 $, la J-Bass à 1 849 $, la Vader à 2 049 $, la A2 à 2 099 $ également, l’Icon à 2 199 $, les Z2 et O2 à 2 299 $. L’Antares se positionne donc pile au milieu de gamme, ni modèle d’appel, ni vaisseau amiral — ce qui est plutôt malin pour un nouveau shape qui doit convaincre.
Ce tarif est celui de la configuration de base. La force de Kiesel, c’est le configurateur en ligne : essences, finitions, options de touche, accastillage, micros, tout se choisit, et la facture grimpe très vite si on se laisse aller. Sur la version guitare, la galerie officielle donne le ton avec des finitions métalliques caméléon, du blood splatter, du racing green ou du grape jelly metallic. Les délais annoncés pour l’Antares guitare tournent autour de 10 à 14 semaines ; il n’y a pas de raison que la basse s’en écarte fortement.
Pour les acheteurs européens, attention : Kiesel vend en direct depuis la Californie. Au prix affiché, il faudra ajouter le transport, les droits de douane et la TVA à l’importation, sans oublier l’absence de réseau de revendeurs pour un éventuel SAV de proximité. C’est le coût réel du modèle direct-to-consumer, et il vaut mieux l’avoir en tête avant de valider le panier. Enfin, une limite à signaler : l’Antares Bass est annoncée en droitier uniquement au lancement, et la configuration mise en avant est un 5 cordes. Les gauchers et les amateurs de 4 ou 6 cordes devront attendre de voir comment la gamme évolue.
Avis de la communauté sur l’Antares Bass
Sur TalkBass, le fil consacré à l’Antares Bass a rempli plusieurs pages en quelques jours, et le verdict est exactement celui qu’on attendait : franchement partagé.
Côté enthousiastes, on lit « ça a l’air méchant, parfait pour un groupe de metal » ou « visuellement stupéfiant ». Le dessin fonctionne, il produit exactement l’effet recherché sur son public cible. Côté sceptiques, trois reproches reviennent : le contrepoids perçu comme l’aveu d’un défaut de conception (« ils auraient pu garder ça pour eux »), la tête empruntée à la Kyber qui ne convainc pas tout le monde sur ce corps-là, et l’absence d’option multi-diapason — une frustration réelle sur un instrument qui vise clairement le metal moderne, terrain où le fanned fret est devenu un quasi-standard. Quelques lecteurs ont aussi relevé une coquille sur la fiche produit, qui décrivait l’instrument comme « headless » alors qu’il a bel et bien une tête.
Rien de tout cela n’est disqualifiant. C’est même plutôt bon signe : les instruments qui ne déclenchent aucun débat sont rarement ceux dont on se souvient. L’Antares Bass a le mérite d’avoir une opinion sur ce qu’elle veut être, et elle l’assume jusqu’au bout.
Les instruments qui ne déclenchent aucun débat sont rarement ceux dont on se souvient.
À qui s’adresse la Kiesel Antares Bass ?
Le profil se dessine assez nettement. L’Antares Bass vise le bassiste de metal moderne, de djent, de post-hardcore ou de prog agressif, qui joue en 5 cordes, accorde bas, veut un instrument neuf fabriqué aux États-Unis, personnalisable de la couleur du corps au radius de la touche, et qui a envie que ça se voie sur scène. Le combo frettes inox / touche ébène / carbone dans le manche / préampli Darkglass est extrêmement cohérent avec cet usage.
À l’inverse, si vous cherchez la polyvalence absolue d’une J-Bass, un instrument discret pour la session studio ou une revente facile sur le marché de l’occasion, l’Antares n’est pas le bon choix — et Kiesel a bien d’autres modèles à son catalogue pour ça. Un dessin aussi typé, c’est un pari : celui de trouver son joueur, pas de contenter tout le monde.
Face à la concurrence, l’argument de Kiesel n’est pas tellement le prix brut — on trouve des instruments redoutables en dessous — mais le rapport niveau de personnalisation / origine de fabrication / tarif. Commander un instrument custom made in USA, configuré option par option, livré en trois mois et démarrant sous les 2 100 dollars, il n’y a pas foule sur ce créneau. C’est l’avantage historique du modèle direct de la maison, et il tient toujours en 2026.
Verdict : faut-il craquer pour la Kiesel Antares Bass ?
L’Antares Bass est exactement ce qu’on espérait de Kiesel : un instrument qui prend un risque esthétique réel, sans jamais brader la partie technique. Les frettes inox, la touche ébène, le double renfort carbone, le chevalet Hipshot et le préampli Darkglass constituent un socle sérieux, et le poids maîtrisé de 3,6 kg est une belle performance pour un corps de cette envergure.
Les réserves existent et il serait malhonnête de les balayer : l’équilibre corrigé par contrepoids, la table de contrôle simplifiée par rapport aux Z2/O2, l’absence de multi-diapason et de version gaucher, la contrainte de placement des micros. Rien d’éliminatoire, mais de vraies questions auxquelles seuls les premiers exemplaires livrés apporteront des réponses définitives.
Une chose est sûre : dans un marché de la basse souvent accusé de tourner en rond entre rééditions vintage et variations sur trois formes centenaires, voir un atelier américain de 80 ans d’âge sortir un dessin aussi radical, ça fait du bien. On a hâte de mettre les mains dessus.
Vous avez commandé une Antares Bass ? Vous en avez essayé une ? Écrivez-nous, on veut vos impressions.
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