Trois footswitches, un boîtier en métal, une sortie click séparée et une carte micro SD : le petit lecteur berlinois A piece of cake promet de lancer vos pistes d'accompagnement sans laptop ni technicien. On a épluché la fiche produit, la FAQ et les retours d'utilisateurs pour voir ce qu'il vaut côté bassiste.
Tout musicien qui joue sur bandes connaît ce moment par cœur. Le public attend, le batteur fait tourner ses baguettes, et quelqu'un se penche vers un ordinateur portable posé sur un flight case pour retrouver la bonne piste. La souris glisse, l'écran s'est mis en veille entre deux morceaux, le chanteur meuble au micro. Le rock'n'roll a connu plus glamour.
C'est cette scène que l'équipe d'A piece of cake veut faire disparaître. Le nom est un clin d'œil assumé : en anglais, « a piece of cake », c'est « du gâteau », un truc facile. La promesse tient en une ligne sur le site du fabricant : un lecteur de backing tracks mains libres et plug & play, pour jouer en concert sans ordinateur sur scène.
Trois fondateurs et un problème très concret
Derrière le produit, on trouve Zibi, Robin et Szymon, une petite équipe qui réunit des profils de musiciens, d'ingénieur du son et de marketing. L'histoire racontée sur le site est simple : leurs amis musiciens leur demandaient sans cesse de l'aide pour faire tourner leurs backing tracks en concert. Plutôt que d'empiler les bricolages, ils ont décidé de construire l'outil eux-mêmes. L'appareil est fabriqué à Berlin, et la marque revendique aujourd'hui plus de 1 000 artistes utilisateurs.
La cible est large : artistes solo et groupes qui jouent avec des pistes d'accompagnement. La basse n'est jamais citée en particulier, mais les bassistes ont plusieurs bonnes raisons de s'y intéresser, à commencer par la gestion du click.
Ce qu'il y a dans la boîte en métal
Le format évoque une grosse pédale d'effet : 165 × 134 × 61 mm pour 525 g, dans un boîtier métallique que la marque dit conçu pour survivre au concert, puis au sac dans lequel on le jette après. Pour situer, c'est un peu plus large que deux pédales compactes Boss côte à côte, pour une profondeur comparable. De quoi lui prévoir une place sur le pedalboard.
L'essentiel en bref :
- trois footswitches : lecture/pause, morceau précédent, morceau suivant ;
- une sortie stéréo vers la console ou la sono ;
- une sortie click mono séparée, pour les in-ears ou le batteur ;
- un métronome intégré réglable (volume, son, decay), ou une piste de click personnalisée en WAV ;
- un écran OLED de 2,4 pouces et un bouton rotatif pour les menus ;
- une carte micro SD amovible de 16 Go, soit environ 400 morceaux ;
- la lecture de fichiers WAV 44,1 kHz / 16 bits ;
- un port USB-C pour l'alimentation et le transfert des fichiers ;
- un DAC interne que la marque présente comme de qualité professionnelle.
Le fonctionnement est volontairement rustique, et c'est un compliment. On relie l'appareil à son ordinateur en USB-C, on glisse ses fichiers, avec un dossier par setlist, puis on passe d'un set à l'autre depuis le menu. Le fabricant donne lui-même le calcul du stockage : un morceau de trois minutes en WAV pèse environ 30 Mo, d'où l'estimation de 400 titres sur la carte fournie. Comme la carte s'échange, rien n'empêche d'en préparer une par projet.
Le pied droit aux commandes
Sur scène, tout passe par les trois footswitches. Le bouton lecture/pause permet de couper en plein morceau, pour parler au public par exemple, puis de reprendre là où l'on s'était arrêté. Les deux autres font avancer ou reculer dans la setlist.
Deux modes complètent le tableau : Autoplay et Autonext. Activés ensemble, ils chargent chaque morceau automatiquement et le mettent en attente de votre signal, sans empêcher de mettre en pause ou de sauter un titre à tout moment. Les réglages (boucle, Autoplay, Autonext, minuteur, volume) se font morceau par morceau ou pour tout le set.
Le click, l'argument qui parle aux bassistes
C'est ici que l'appareil devient intéressant pour nous. Avec le batteur, le bassiste tient le temps du groupe, et jouer sur bandes sans click dans les oreilles relève de l'acrobatie. A piece of cake sépare proprement les deux flux : la piste stéréo part vers la façade, le click sort en mono sur sa propre prise, vers les in-ears ou vers le batteur. Pour les systèmes d'ears qui gèrent mal un signal mono, la FAQ suggère un petit boîtier ceinture capable de répartir le click sur les deux oreilles, avec son propre réglage de volume.
Le métronome intégré se cale sur le tempo indiqué dans le nom du fichier : un titre nommé « monMorceau_120bpm.wav » sera accompagné d'un click à 120 BPM. Volume, son et decay se règlent séparément pour les temps forts et les temps faibles, et l'on entend les changements en direct avant de les enregistrer. L'appareil fonctionne en 4/4 par défaut et accepte de nombreuses signatures, du 3/4 au 12/8 en passant par le 5/4 et le 7/8. Les amateurs de prog peuvent respirer.
Pour les morceaux qui changent de tempo ou de mesure en route, la solution consiste à exporter son propre click depuis son logiciel de MAO, en WAV mono, à le nommer comme le morceau avec le suffixe « _clk » et à le déposer à côté du fichier. L'écran signale alors qu'un click personnalisé est chargé. La même méthode sert pour glisser des décomptes ou des repères vocaux (« couplet », « pont ») dans l'oreillette.
Quels usages pour un bassiste ?
Le premier cas qui vient en tête est la formation réduite. Basse et chant, basse et batterie, ou power trio qui veut ajouter des claviers, des cordes ou des chœurs sans recruter un quatrième musicien : le lecteur se pose sur le pedalboard, et le bassiste garde la main sur le déroulé du set. Le groupe de reprises qui doit reproduire des parties de synthé ou de cuivres absentes de l'effectif y trouvera aussi son compte.
Il y a ensuite la configuration solo, celle de l'artiste mise en avant sur le site, Andrea Tichy, qui joue seule à Berlin et se réjouit de ne plus transporter ordinateur, support, clavier et stand. Enfin, des utilisateurs disent s'en servir comme simple lecteur de samples ou de nappes, y compris dans un groupe punk/metal, Mutant Proof.
Un conseil de bon sens au passage : si vous jouez la basse en direct, retirez-la de vos backing tracks. Doubler sa propre ligne avec une version enregistrée, c'est l'assurance d'un bas du spectre brouillon et de petits décalages qui s'entendent. Surveillez aussi le niveau de grave des bandes : ce qui sonne bien au casque peut devenir envahissant dans la sono d'une salle.
Ce que disent les utilisateurs, points faibles compris
La page d'accueil affiche une note moyenne de 4,71 sur 5, sur 45 avis vérifiés au moment de notre consultation. Les retours positifs reviennent surtout sur la simplicité. Un utilisateur raconte qu'il jouait auparavant avec un lecteur CD piloté par une pédale, un autre qu'il avait fixé son ancien lecteur sur son genou avec du velcro, et plusieurs estiment qu'un ordinateur sur scène fait mauvais effet.
Les avis publiés sur la fiche produit pointent aussi des limites. Ce sont des retours individuels, pas des constats officiels :
- seuls les WAV 44,1 kHz / 16 bits sont acceptés, et un client regrette l'absence du MP3 ;
- un autre signale que le volume repart à 100 % à chaque mise sous tension, ce qui demande de la vigilance face à une console ;
- l'alimentation passe uniquement par l'USB-C, et un utilisateur dit avoir eu du mal à l'alimenter depuis une station électrique ; il aurait aimé une entrée 9 V, le standard des pedalboards ;
- côté connectique, que le fabricant ne détaille pas, un avis évoque deux jacks 6,35 mm et regrette l'absence de mini-jack, tandis qu'un autre aurait préféré des sorties XLR ;
- l'écran OLED est jugé lisible par certains, un peu daté par d'autres ;
- un client trouve l'ensemble solide, mais un peu instable sous le pied.
La fiche ne mentionne pas de MIDI, et des utilisateurs réclament une horloge MIDI ou une boîte à rythmes intégrée. Ce lecteur fait une chose, la lecture de pistes stéréo avec un click séparé, et ne prétend pas remplacer un séquenceur.
Prix et disponibilité
A piece of cake est vendu 249 € TTC sur la boutique officielle. Le port est calculé à la commande : environ 6 € pour l'Allemagne, 12 à 15 € pour le reste de l'Union européenne, France comprise, et 20 à 30 € pour le Royaume-Uni, la Suisse, la Norvège et l'Islande. Pas de livraison vers les États-Unis pour l'instant. Le retour est possible dans les 30 jours suivant la livraison. La fiche ne précise pas de durée de garantie commerciale, mais la garantie légale de conformité de deux ans s'applique pour un achat dans l'UE.
Deux coloris sont proposés, rose et argent. Ce dernier est annoncé comme une nouveauté en quantités limitées : vérifiez la disponibilité avant de vous décider. Le paiement accepte les cartes bancaires, PayPal, Apple Pay, Google Pay ou Klarna, entre autres.
Alors, du gâteau ?
A piece of cake ne cherche pas à rivaliser avec un ordinateur sous Ableton Live, ni avec les systèmes qui envoient chaque instrument sur une sortie séparée. Il lit des pistes stéréo avec un click à part, au pied, sans écran qui se met en veille ni mise à jour système surprise avant le concert. Pour le bassiste qui chante seul sur bandes, le duo qui veut épaissir son son ou le groupe de reprises privé de claviériste, cette simplicité est l'argument principal, pour le prix d'une bonne pédale boutique.
Ceux qui ont besoin de multipiste, de MIDI ou de changements de tempo à la volée regarderont ailleurs, ou prépareront leurs clicks personnalisés en amont. C'est du gâteau, à condition d'avoir fait ses devoirs de MAO avant de monter sur scène.
Site officiel : apieceofcake.live/fr
Fiche produit : A piece of cake, lecteur de backing tracks
Instagram : @apieceofcake.live
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