Un module par corde, un pontet roulant et une molette de réglage fin : avec le GBA005, Guyker propose un chevalet en pièces détachées pour basses quatre et cinq cordes. Le produit est vendu 24,95 € le module, 94,49 € le lot de quatre et 115,88 € le lot de cinq. Son installation impose une défonce du corps, ce qui le réserve aux luthiers et aux constructeurs équipés.
Guyker est une marque de quincaillerie et d’accessoires pour guitare et basse, connue pour ses mécaniques, chevalets, boutons et micros vendus en ligne à des prix serrés. Son catalogue basse comprend déjà des chevalets classiques, des chevalets pour basses sans tête et, chez certains revendeurs, un module individuel à rouleau plus simple, le GB111, en alliage de zinc avec rouleau en laiton. Le GBA005 monte d’un cran : corps en aluminium usiné et réglage fin intégré.
Le principe du chevalet modulaire
Sur une basse classique, un seul chevalet porte les quatre ou cinq pontets sur une plaque commune vissée sur la table. Un chevalet modulaire, ou monocorde, remplace cette plaque par autant de modules indépendants que de cordes. Chaque module est fixé séparément et ne porte qu’une seule corde. Guyker présente d’ailleurs le GBA005 comme un composant autonome, à multiplier selon le nombre de cordes de l’instrument.
Cette architecture se rencontre surtout en lutherie, sur des basses multicordes et sur des modèles multiscale, où chaque corde a un diapason différent : les modules peuvent alors être décalés le long de la table pour suivre l’éventail des frettes. Elle laisse aussi au luthier le choix de l’écartement des cordes au chevalet, puisque rien ne l’impose en dehors de la largeur des modules eux-mêmes.
Ses défenseurs avancent enfin un argument sonore : l’indépendance mécanique des cordes limiterait la transmission des vibrations de l’une à l’autre. Cet effet reste discuté et difficile à isoler à l’écoute. On le mentionne ici pour mémoire.
La fiche technique
| Caractéristique | Valeur annoncée |
|---|---|
| Type | Module de chevalet individuel à pontet roulant |
| Fonction principale | Réglage fin corde par corde, par molette |
| Compatibilité annoncée | Basse électrique 4 ou 5 cordes |
| Corps | Alliage d’aluminium usiné CNC |
| Bloc | Laiton |
| Finition | Aluminium anodisé noir |
| Longueur hors tout | 63,5 mm |
| Largeur hors tout | 17,8 mm |
| Hauteur hors tout | 50,5 mm |
| Entraxe des trous de fixation | 20 mm |
| Dimensions du bloc | 30 × 17,6 mm |
| Poids | Environ 59 g par module |
| Conditionnement | 1, 4 ou 5 modules |
| Installation | Rainure ou cavité à défoncer dans le corps |
Une hauteur qui impose la défonce
Avec 50,5 mm de hauteur hors tout, le module ne peut pas reposer à plat sur la table comme un chevalet classique : la corde passerait beaucoup trop haut au-dessus des micros et de la touche. Une partie du module doit donc loger dans le bois, vraisemblablement le bloc en laiton de 30 × 17,6 mm, dont la largeur correspond presque à celle du module. C’est la raison de la défonce exigée par Guyker. Le plan coté publié par la marque permet de vérifier précisément ce point avant toute intervention.
Un écartement minimal d’environ 18 mm
La largeur de 17,8 mm fixe une limite simple : posés côte à côte sur une même ligne, deux modules ne peuvent pas être plus rapprochés qu’environ 18 mm d’axe en axe, et il faut prévoir un peu de jeu entre eux. Cela convient aux écartements de 19 mm, courants sur les quatre cordes, et de 18 mm, répandus sur les cinq cordes. Les écartements serrés de 16,5 ou 17 mm, recherchés par certains bassistes sur cinq cordes, ne sont pas réalisables. Guyker ne communique aucun écartement recommandé : ce calcul découle uniquement des dimensions annoncées.
À environ 59 g pièce selon le fabricant, l’ensemble pèse autour de 236 g en quatre cordes et de 295 g en cinq cordes. L’aluminium explique ces chiffres, le bloc en laiton concentrant une partie de la masse.
Pontet roulant et réglage fin
Le pontet roulant remplace le point d’appui fixe de la corde par un petit rouleau. Guyker met en avant une réduction du frottement à cet endroit et un mouvement plus libre de la corde. L’intérêt est réel quand on associe ce type de pontet à un réglage fin : lorsque la tension varie, à la molette comme aux mécaniques, la corde doit pouvoir glisser légèrement sur son appui pour que la tension s’équilibre de part et d’autre. Un frottement élevé peut la retenir, et l’accord bouge ensuite au premier coup de doigt. Le rouleau réduit ce risque.
La molette, elle, permet de petites corrections de justesse sans toucher aux mécaniques de la tête. Sur une basse classique, son intérêt est surtout pratique : une retouche rapide entre deux morceaux, sans chercher la bonne mécanique dans la pénombre d’une scène. Guyker ne précise ni la plage d’action de la molette, ni si le module peut assurer seul l’accordage d’une basse sans tête.
Sur le plan sonore, les pontets à rouleau ont leurs partisans et leurs détracteurs depuis longtemps, et aucun essai indépendant du GBA005 n’est disponible à ce jour. Nous nous abstiendrons donc de tout jugement sur ce point.
La défonce, un point à ne pas sous-estimer
Guyker insiste sur sa fiche : le GBA005 exige une rainure ou une cavité dans le corps, et la marque invite à comparer toutes les cotes avec l’instrument avant de commander. Il ne s’agit donc pas d’un remplacement direct pour un chevalet de type Fender ou pour un chevalet monobloc vissé en surface. Les trous de fixation existants ne correspondent pas, et la défonce modifie le corps de façon définitive.
Avant de se lancer, plusieurs points méritent attention :
- L’implantation de chaque module par rapport au diapason, avec la compensation propre à chaque corde. La fiche ne précise pas la course de réglage d’intonation, ce qui laisse peu de marge en cas d’erreur de positionnement.
- L’alignement des modules sur l’axe des cordes et du manche, avec un écartement régulier.
- La profondeur de chaque logement, qui conditionne la hauteur des cordes. Si le module n’offre pas de réglage de hauteur, ce que la fiche ne permet pas de savoir, le rayon de la touche devra être reproduit par la profondeur de défonce, corde par corde.
- L’outillage : défonceuse, gabarits et expérience. Sur une basse de valeur ou de collection, l’opération lui fait perdre une partie de son originalité et de sa cote.
- Les conditions de retour : la FAQ de Guyker indique qu’un produit utilisé ou présentant des traces d’usure peut ne plus être accepté, sauf défaut. Mieux vaut contrôler les modules avant de les monter.
La démarche la plus prudente consiste à avoir les modules en main, à relever leurs cotes réelles et à faire un essai sur une chute de bois avant d’attaquer le corps.
Pour quels projets ?
Le GBA005 s’adresse d’abord aux luthiers et aux constructeurs amateurs bien équipés qui partent d’un corps neuf ou d’une basse sans valeur particulière. Il trouve sa place dans un projet de basse personnalisée, quatre ou cinq cordes, où l’on veut fixer librement l’écartement au chevalet et disposer d’un réglage fin à portée de main. Le format modulaire se prête aussi aux instruments multiscale, à condition de vérifier que les cotes s’accordent avec l’implantation prévue, Guyker ne mentionnant pas cet usage.
Pour le bassiste qui souhaite simplement améliorer le chevalet d’origine de sa basse de série, ce produit n’est pas le bon choix. Un chevalet de remplacement à fixation identique reste encore la solution logique.
L’avis de gravebasse
Le GBA005 apporte à un prix accessible (94,49 € en 4 cordes, 115,88 € en 5 cordes) une formule plus souvent rencontrée en lutherie sur mesure : un chevalet monocorde en aluminium usiné, avec pontet roulant et réglage fin. Pour un constructeur qui conçoit sa basse autour de ce choix, l’option est intéressante, d’autant que le poids reste contenu et que le format laisse une vraie liberté d’implantation.
Ses limites sont tout aussi nettes. La défonce obligatoire l’exclut des mises à niveau simples, la largeur des modules interdit les écartements serrés, et plusieurs paramètres essentiels pour un réglage de basse ne figurent pas sur la fiche. Faute d’essai indépendant et de distribution européenne identifiée, la prudence s’impose avant d’engager un corps d’instrument.
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