Christian McBride & Ursa Major — Points of Light

Publié le 30 octobre 2026 à 07:15
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On connaît la recette d'Art Blakey : un patron installé derrière son instrument, une bande de jeunes loups devant, et des soirs entiers à apprendre le métier en le pratiquant. Mack Avenue présente Points of Light comme l'entrée de Christian McBride dans son « ère Art Blakey », et pour une fois, l'argument marketing tient debout. À une nuance près, qui vous intéressera peut-être : là où Blakey poussait ses Jazz Messengers à coups de roulements de caisse claire, McBride dirige depuis les fondations. Il tient la basse, il tient le tempo, et il abandonne les mélodies, ainsi que l'essentiel des solos, à des musiciens qui ont à peu près la moitié de son âge.

Ursa Major, la Grande Ourse, prend forme en 2022. McBride, qui avait jusqu'ici réparti ses envies entre le jazz acoustique d'Inside Straight, le swing de son big band, le trio classique et les audaces du New Jawn, rêvait d'un « groupe hybride » capable de tout faire à la fois. Il ne savait pas encore quelle forme prendrait ce groupe, seulement qu'il serait jeune. Savannah Harris s'impose à la batterie, recommandée par plusieurs collègues pour sa capacité à swinguer, à jouer libre et à groover funk. Nicole Glover, ténor remarquée notamment au sein du supergroupe ARTEMIS, arrive par le bouche-à-oreille new-yorkais. Ely Perlman a tapé dans l'oreille du bassiste au programme d'été Jazz Aspen Snowmass, dont McBride assure la direction artistique. Et quand il a demandé à Harris et Glover quel pianiste engager, les deux ont cité le même nom : Mike King, passé par le DVRK FUNK de Theo Croker.

Quatre ans de route plus tard, après un 45 tours en éclaireur (« More Is », signé Savannah Harris, paru en 2025), voici le premier album, enregistré du 14 au 16 septembre 2025 au Sear Sound de New York. Les étoiles du titre, ce sont eux : McBride raconte s'être dit qu'il tenait là « quatre jeunes stars ». Chacun a apporté au moins une composition ; seule reprise, le « No Rhyme, No Reason » de George Duke, surgi au détour d'une discussion en cabine.

Pour la production aussi, McBride s'est mis en retrait, en se contentant du titre de producteur associé. Le fauteuil revient à Terrace Martin, dont le CV aligne Kendrick Lamar, Snoop Dogg, Stevie Wonder et Herbie Hancock. Martin a d'abord capté le groupe tel qu'il sonne sur scène, puis glissé par-dessus, avec Quintin Gulledge, une couche de claviers vintage (Mini Moog, Oberheim, Prophet 5, clavinet, Korg Kronos) et un vocoder. Ce dosage est le grand pari du disque.

paru le 30 octobre 2026
Christian McBride: Acoustic Bass (1, 2, 4-8), Electric Bass (1, 3)
Nicole Glover: Tenor Saxophone (1-7), Soprano Saxophone (8)
Savannah Harris: Drums (All)
Mike King: Piano (1, 2, 4-8), Synths (1, 8), Rhodes (1-3, 7), Organ (2, 3, 8)
Ely Perlman: Guitar (All)
with
Terrace Martin: Korg Kronos (1, 6), Mini Moog (7, 8), Oberheim (8), Vocoder (8)
Quintin Gulledge: Clavinet (3), Oberheim (7), Prophet 5 (8)
Producer: Terrace Martin
Associate Producer: Christian McBride
Recorded at Sear Sound in New York, NY - September 14-16, 2025
Mixed and Mastered at Amplified Art & Sound in New York, NY

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