Bassistes et Contrebassistes nés un 4 novembre

Publié le 4 novembre 2026 à 01:39

Joe Benjamin — Duke Ellington Orchestra, Dave Brubeck Quartet, formations de Sarah Vaughan et de Roy Haynes (1919–1974)

Joseph Rupert Benjamin, dit Joe Benjamin, naît le 4 novembre 1919 à Atlantic City, dans le New Jersey. Élevé à New York, il étudie d’abord le violon avant de s’orienter vers la contrebasse. Il bénéficie notamment des conseils de George Duvivier et exerce aussi comme copiste musical, une activité qui l’amène à connaître de l’intérieur l’écriture et l’organisation des grands orchestres. Dans les années 1940 et au début des années 1950, il travaille avec Mercer Ellington, Artie Shaw et Fletcher Henderson. Sa première association avec Duke Ellington remonte à cette période, bien avant son engagement dans les dernières formations du pianiste. 

Pendant les années 1950, Benjamin devient un accompagnateur recherché, particulièrement auprès des chanteuses. Avec Sarah Vaughan, qu’il accompagne notamment de 1953 à 1955, il forme une section rythmique capable de suivre les changements de registre, les déplacements rythmiques et la liberté de phrasé de la vocaliste. Il participe aux séances de décembre 1954 réunissant Vaughan, Clifford Brown, Paul Quinichette, Herbie Mann, Jimmy Jones et Roy Haynes. Sa contrebasse contribue à l’équilibre de cet enregistrement devenu une référence du jazz vocal : elle assure la continuité harmonique tout en laissant respirer les solistes. 

Son parcours dépasse largement cet accompagnement. Il joue avec Gerry Mulligan, Dave Brubeck, Mal Waldron et Roy Haynes, et participe à Jazz Winds from a New Direction du guitariste Hank Garland, aux côtés du jeune Gary Burton. On le retrouve également sur Kirk’s Work de Roland Kirk, dans une formation associant l’orgue de Jack McDuff à la batterie d’Art Taylor. Ces collaborations témoignent d’une aisance qui relie le swing orchestral, le jazz moderne et des petites formations aux couleurs plus soul. 

Au début des années 1970, Benjamin retrouve Duke Ellington et participe notamment à New Orleans Suite, The Afro-Eurasian Eclipse et à plusieurs séances publiées sous les titres The Intimate Ellington et Up in Duke’s Workshop. Il ne constitue pas de discographie comme leader : son œuvre se découvre à travers les ensembles dont il soutient la cohésion. Il meurt le 26 janvier 1974 à Livingston, dans le New Jersey. 

Écouter : Sarah Vaughan with Clifford Brown, avec Joe Benjamin à la contrebasse, sur Spotify.

Robert Politzer — ORF Big Band, Erich Kleinschuster Sextett, Euro-Jazz Orchester, Heavyweight, Project Two (1939–2010)

Robert Politzer naît le 4 novembre 1939 à Vienne. Musicien autrichien, compositeur, arrangeur et pédagogue, il est principalement connu comme trompettiste, mais pratique également la basse et le tuba. Son inclusion parmi les bassistes demande donc cette précision : la basse appartient à son activité de multi-instrumentiste, tandis que ses principaux engagements orchestraux et son enseignement concernent surtout la trompette. Les archives musicales autrichiennes lui attribuent notamment une participation à la basse à un enregistrement de textes de Villon traduits par H. C. Artmann et interprétés par Helmut Qualtinger.

Formé à la trompette à l’Académie de musique de Vienne, Politzer entre dans la vie professionnelle de la scène jazz viennoise en 1957. Il joue dans les ensembles de Horst Winter et d’Uzzi Förster, puis rejoint celui de Fatty George à partir de 1959 et celui de Johannes Fehring à partir de 1962. Il participe en 1965 à l’Euro-Jazz Orchester de Friedrich Gulda et travaille avec Hans Koller. Entre 1967 et 1970, il est associé au sextette du tromboniste Erich Kleinschuster, un foyer important du jazz moderne autrichien.

De 1965 à 1972, il exerce également comme musicien au Theater an der Wien. Entre 1971 et 1981, l’ORF Big Band fait appel à lui comme trompettiste, compositeur et arrangeur. Il dirige par ailleurs Heavyweight et codirige avec le tromboniste Heinz Czadek le nonette Project Two. Son activité rassemble ainsi l’interprétation, l’écriture pour ensemble et la direction musicale. 

À partir de 1969, Politzer enseigne la trompette jazz au Conservatoire de la ville de Vienne, dont il dirige le département de jazz de 1990 à 2000. Il contribue à la formation de plusieurs générations de musiciens autrichiens. Il meurt à Vienne le 4 juillet 2010. Sa carrière s’inscrit dans le développement durable d’une scène locale où les orchestres de radio, les petites formations et les établissements d’enseignement se nourrissent mutuellement. 

Pour retrouver ses enregistrements : recherche Robert Politzer sur Spotify

Billy Hancock — Danny and the Fat Boys, Billy Hancock and the Tennessee Rockets, No Neck Jazz Band, The Fallen Angels (1946–2018)

William C. Hancock Jr., connu sous le nom de Billy Hancock, naît le 4 novembre 1946 et grandit à Alexandria, en Virginie, dans l’environnement musical de Washington. Chanteur, bassiste, guitariste et auteur-compositeur, il développe un goût très large pour les musiques populaires américaines. Les disques de rhythm and blues rapportés à la maison par sa mère, employée dans des magasins de disques, participent à son éducation musicale. Adolescent, il commence à jouer dans les groupes de la région, puis travaille sur d’autres scènes de la côte Est avant de revenir dans l’aire de Washington. 

Au début des années 1970, Hancock s’associe au guitariste Danny Gatton et au batteur Dave Elliott dans Danny and the Fat Boys. Il y tient la basse et le chant, assurant l’assise d’un trio dont le répertoire traverse le rockabilly, le blues, la country et le jazz. L’album American Music, publié en 1975, documente cette rencontre. Son titre résume l’ouverture du groupe : les styles constituent un vocabulaire commun dans lequel les musiciens circulent librement.

À partir de 1978, ses enregistrements pour Ripsaw Records, sous le nom de Billy Hancock and the Tennessee Rockets, lui donnent une visibilité internationale dans le milieu rockabilly. Dans cette formation, il s’affirme surtout comme chanteur et guitariste. Son travail ne consiste pas seulement à reprendre les codes des années 1950 : il associe arrangements, compositions personnelles et interprétation très expressive. Il collabore également avec Tex Rubinowitz et accompagne, au fil de sa carrière, des artistes tels que Fats Domino, les Clovers, Roy Buchanan et Charlie Feathers. Avec le trompettiste Clyde Hunt, il anime aussi le No Neck Jazz Band. 

Hancock mène parallèlement des activités de producteur, de promoteur de concerts et de responsable de label avec son frère Dale. Il participe à la remise en circulation d’enregistrements anciens et anime une émission consacrée à la musique américaine. Sa carrière reste profondément attachée à la scène de Washington, tout en trouvant un public dans les festivals européens de musiques roots. Il meurt le 22 janvier 2018, à 71 ans. 

Écouter : « Oh, Caroline » de Billy Hancock sur Spotify.

Ferni Presas — Gabinete Caligari, Paraphernalia, Los Drugos, Los Automáticos (1957)

Fernando Presas Vías, dit Ferni Presas, naît le 4 novembre 1957 à Madrid. Bassiste espagnol, il appartient à la génération qui transforme la scène musicale madrilène pendant la transition démocratique. Ses premières expériences le rapprochent de Jaime Urrutia, d’Edi Clavo et d’Eugenio Haro. Il participe à Rigor Mortis au milieu des années 1970, puis à Los Automáticos et à Los Drugos. Ces formations éphémères créent les liens humains et musicaux sur lesquels se construira Gabinete Caligari. 

En 1981, Presas fonde Gabinete Caligari avec Jaime Urrutia au chant et à la guitare et Edi Clavo à la batterie. Le nom du groupe renvoie au film expressionniste allemand Le Cabinet du docteur Caligari. Les premiers enregistrements s’inscrivent dans une esthétique sombre et provocatrice, proche du post-punk. Le trio participe alors à l’effervescence de la Movida, mais développe progressivement une identité qui dépasse ses premières références britanniques. 

Avec des chansons comme « Cuatro rosas », « Al calor del amor en un bar » et « Camino Soria », Gabinete Caligari mêle le rock à des formes et à un imaginaire populaires espagnols. La basse de Presas, associée à la batterie de Clavo, donne une continuité à cette évolution : elle soutient aussi bien les climats tendus des débuts que les chansons plus mélodiques et les rythmes empruntés aux traditions locales. Le groupe devient l’une des formations majeures du rock espagnol des années 1980, avec une identité immédiatement reconnaissable. 

Presas reste le bassiste de Gabinete Caligari jusqu’à sa séparation en 1999. Il tente ensuite de poursuivre l’aventure avec Edi Clavo dans Paraphernalia, mais ce projet se dissout sans laisser d’album. Il adopte par la suite un profil public discret. Son apport demeure principalement lié à la discographie du trio madrilène et à la complicité rythmique qui accompagne toute son histoire, depuis les débuts underground jusqu’aux grands succès populaires. 

Écouter : Gabinetíssimo de Gabinete Caligari sur Spotify.

Dave Carpenter — Allan Holdsworth Group, Lounge Art Ensemble, trio Alan Pasqua–Peter Erskine, orchestres de Buddy Rich, Woody Herman et Maynard Ferguson (1959–2008)

Dave Carpenter naît le 4 novembre 1959 à Dayton, dans l’Ohio. Bassiste électrique et contrebassiste américain, il étudie la musique à l’Ohio State University avant de s’installer à New York pour commencer sa carrière professionnelle. Il se forme au travail de tournée et d’orchestre auprès de Buddy Rich, de Woody Herman et de Maynard Ferguson. Ces engagements lui permettent de développer la précision, la lecture et la solidité rythmique nécessaires aux grandes formations de jazz. 

Installé ensuite à Los Angeles, Carpenter devient un musicien de studio très sollicité. Il participe à plus de deux cents enregistrements, ainsi qu’à des musiques de films et de télévision. Son activité couvre le jazz, la pop et le rock : il travaille notamment avec Lee Ritenour, Mike Stern, Eric Marienthal, Barbra Streisand, Rod Stewart, Johnny Mathis et Boz Scaggs. Sa maîtrise des deux instruments lui permet de passer de la contrebasse acoustique à des textures électriques adaptées aux productions les plus diverses. 

À la fin des années 1990, il accompagne Allan Holdsworth en tournée et participe à The Sixteen Men of Tain, publié en 2000. Dans cet univers harmonique exigeant, Carpenter fait entendre un jeu capable de soutenir les longues lignes du guitariste sans réduire l’accompagnement à une simple fonction de soutien. Il est aussi membre fondateur du Lounge Art Ensemble avec le saxophoniste Bob Sheppard et le batteur Peter Erskine. 

Une autre part importante de sa carrière se construit dans le trio réunissant Alan Pasqua et Peter Erskine. Live at Rocco, Badlands et Standards montrent un contrebassiste attentif à l’espace, au chant des mélodies et à l’interaction entre les trois instruments. Sur Standards, sa présence contribue à des lectures intimistes du répertoire, où la retenue n’exclut ni la profondeur harmonique ni l’invention. Carpenter meurt le 24 juin 2008, à 48 ans. 

Écouter : « The Sixteen Men of Tain » d’Allan Holdsworth, avec Dave Carpenter à la basse, sur Spotify.

Marc Déry — Zébulon, Les Colocs à leurs débuts, Dédé Traké (1963)

Marc Déry naît le 4 novembre 1963 à Montréal et grandit à Mascouche, au Québec. Chanteur, bassiste, guitariste et auteur-compositeur, il construit son parcours dans plusieurs formations avant de s’imposer avec Zébulon. Il joue avec Dédé Traké et participe en 1990 aux débuts des Colocs comme premier bassiste. Ces expériences précèdent une carrière dans laquelle la pratique instrumentale, le chant et l’écriture restent étroitement liés. 

Au sein de Zébulon, Déry assure notamment le chant et la basse aux côtés de son frère Yves Déry à la guitare, d’Yves Marchand aux claviers et d’Alain Quirion à la batterie. Le premier album, Zébulon, paraît en 1994, suivi de L’Œil du Zig en 1996. Le groupe se distingue par une écriture francophone directe, des arrangements précis et un rock ouvert aux couleurs de la pop. Marc Déry y affirme sa personnalité vocale et son sens de la chanson, tout en contribuant à l’assise instrumentale du quatuor.

Après la première séparation de Zébulon, il publie en 1999 un album solo homonyme. Son univers devient plus intimiste et accorde davantage de place aux échantillonnages, aux rythmiques électroniques et à des atmosphères proches du trip-hop. « Le monde est rendu peace » et « La cabane à Félix » illustrent cette nouvelle orientation. À l’avenir, en 2002, puis À la figure, en 2005, prolongent cette recherche ; ce dernier introduit notamment des arrangements de cordes dans une musique plus douce. 

Il retrouve Zébulon pour Retour sur Mars en 2008, tout en poursuivant son propre travail. Numéro 4 paraît en 2011, puis Atterrissage en 2019. En 2025, il publie son sixième album solo, J’aime ça quand t’es là. Sa trajectoire associe ainsi l’énergie collective de Zébulon à une œuvre personnelle où se rencontrent chanson, folk, électronique et travail de studio. La basse constitue l’un des fondements de cette carrière de musicien polyvalent.

Site officiel : Marc Déry.

John B. Chopper, dit John B — Ulfuls, John B & The Donuts! (1967)

Toshihiro Kuroda, connu sous les noms de John B. Chopper puis de John B, naît le 4 novembre 1967 à Suita, dans la préfecture d’Osaka, au Japon. Bassiste, auteur et musicien de scène, il participe à l’histoire d’Ulfuls, groupe formé à Osaka en 1988 autour de Tortoise Matsumoto et d’Ulful Keisuke, avec Sankon Jr. à la batterie. La formation développe un rock fortement nourri de soul et de funk, auquel s’ajoutent une énergie populaire et un goût marqué pour l’humour.

Ulfuls débute sur une major en 1992 avec le single « Yabure Kabure ». Après des premières années de succès limité, le groupe change de dimension avec « Guts Daze!! », publié en 1995, puis l’album Banzai en 1996. Les disques Let’s Go et Thank You for the Music confirment cette percée. Dans cette musique, la basse de John B participe à l’articulation entre la vigueur du rock et les rythmiques dansantes héritées des musiques afro-américaines. 

En 1999, il quitte Ulfuls et se consacre notamment à l’écriture. Cette activité littéraire ne constitue pas une simple parenthèse : il publie plusieurs ouvrages et la poursuit après son retour officiel dans le groupe en 2003. Il développe ainsi deux formes d’expression parallèles, l’une fondée sur le jeu collectif et la scène, l’autre sur l’observation et le récit.

La suspension des activités d’Ulfuls en 2009 lui permet d’approfondir ses projets personnels. Sous le nom de John B & The Donuts!, il publie notamment DONUTS! en 2011, puis Café de John-chan en 2022. Il reprend également son rôle de bassiste lorsque Ulfuls se reforme en 2014. Son parcours associe ainsi une présence durable dans l’un des groupes populaires du rock japonais à une activité personnelle de chanteur, de compositeur et d’écrivain. Ulfuls poursuit ses activités, avec une tournée annoncée pour 2026–2027 sur son site officiel. 

Site officiel du groupe : Ulfuls.

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