Du rock de la RDA au zydeco de Louisiane, du punk de Minneapolis au métal gothique suédois, en passant par le studio d'enregistrement tokyoïte et la fosse baroque de Cologne : le 6 octobre a vu naître une drôle de confrérie de gardiens du grave. Portraits.
Harry Jeske – Puhdys (1937 – 2020)
Il y a des bassistes qui tiennent le groove, et d'autres qui tiennent la baraque. Harry Jeske a fait les deux. Né le 6 octobre 1937 à Oranienburg, dans le Brandebourg, il grandit avec une petite sœur de onze ans sa cadette dans une Allemagne qui ne s'appelle pas encore la RDA. Pendant trois ans, il fréquente une école de musique de Berlin-Est, dans une classe spécialisée en musique de danse : c'est là qu'il croise pour la première fois ceux qui deviendront ses compagnons de route pour un quart de siècle.
Ses débuts sont ceux d'un artisan du bal. Il prend des cours de guitare pour intégrer le groupe KARO-AS, joue ensuite la six-cordes au sein du Uwe-Wendel-Combo, puis passe à la basse dans le sextette de Henry Kottowski. En 1969, il fait partie des membres fondateurs des Puhdys, un nom forgé à partir des prénoms des musiciens de l'époque. Le groupe va devenir l'un des monuments de l'Ostrock, ce rock est-allemand qui a su exister sous l'œil de l'État tout en conquérant un public immense.
Pendant plus de vingt-cinq ans, Jeske est à la fois le bassiste et le responsable de l'organisation du groupe, celui qui gère la logistique pendant que les autres occupent la lumière. On l'entend aussi au chant sur « Alles war neu » et « Halbzeit », et il signe pour les Puhdys la chanson « Lied für Generationen ». Sa plume sert également d'autres artistes, de Petra Zieger à IC Falkenberg, en passant par Ralf Bursy et Tina Daute.
Dans les années 1990, une affection chronique de l'oreille interne le contraint, sur avis médical, à quitter le groupe en 1997 ; Peter Rasym reprend la basse. La même année paraît son autobiographie, Mein wildes Leben und die Puhdys, chez Ullstein. À la fin de la décennie, Jeske s'installe aux Philippines avec sa seconde épouse et s'y essaie un temps au commerce de meubles en bambou, avant de revenir en Allemagne en 2017. Sa dernière apparition publique a lieu le 19 novembre 2019 à Rostock, en fauteuil roulant, lors d'une soirée célébrant les cinquante ans du groupe. Il s'éteint le 20 août 2020 à Wismar, à 82 ans ; ses cendres sont dispersées en mer.
🔗 Site officiel du groupe : puhdys.com
Gavin Sutherland – The Sutherland Brothers, Sutherland Brothers & Quiver (1951)
Le nom de Gavin Sutherland ne dit pas grand-chose au grand public, et pourtant la moitié de la planète a chanté l'une de ses chansons à tue-tête. Né le 6 octobre 1951 à Peterhead, port de pêche de l'Aberdeenshire, il est le cadet d'Iain Sutherland. Leur père, fonctionnaire au bureau local de l'emploi, joue du violon et de l'accordéon dans un orchestre de bal, The Melody Makers, et collectionne les disques de jazz avec une dévotion particulière pour Stéphane Grappelli. Gavin reçoit sa première guitare pour ses dix ans, en 1961, et tombe sous le charme des Shadows : devant la télévision, il n'a d'yeux que pour Hank Marvin, et apprend sur « F.B.I. » son tout premier morceau. Des années plus tard, il rencontrera son héros par l'intermédiaire de Bruce Welch.
La famille s'installe dans les Midlands anglais au cours des années 1960. En 1964, en vacances sur l'île de Man, les deux frères tombent sur l'affiche d'un concours de groupes beat mettant en vedette cinq formations de Liverpool : la décision est prise, ils seront musiciens. Leur carrière démarre en 1968 sous le nom d'A New Generation, avec un single, « Smokie Blues Away », bâti sur une mélodie empruntée au deuxième mouvement de la Symphonie du Nouveau Monde de Dvořák. Devenus le Sutherland Brothers Band, ils signent chez Island et publient un premier album en 1972.
C'est cette année-là que Gavin compose « Sailing ». Enregistrée en juin 1972 par les deux frères seuls, Gavin à la grosse caisse et Iain à l'harmonium, la chanson se hisse péniblement à la 54e place britannique. Gavin a toujours expliqué qu'il ne s'agissait ni d'une histoire d'amour ni d'une affaire de bateaux, mais d'une métaphore de l'odyssée spirituelle de l'homme en quête de liberté. Trois ans plus tard, Rod Stewart s'en empare et en fait un numéro un au Royaume-Uni et un tube international.
En 1973, pour muscler leur folk, les frères s'associent au groupe Quiver, qui réunit alors Tim Renwick, Cal Batchelor, Bruce Thomas et Willie Wilson. Sous le nom de Sutherland Brothers & Quiver, ils décrochent un premier succès nord-américain avec « (I Don't Want to Love You But) You Got Me Anyway », 48e au Billboard Hot 100, puis publient Dream Kid. En mars 1974, Bruce Thomas, futur pilier des Attractions d'Elvis Costello, est prié de quitter le navire en pleine tournée européenne. À une semaine de l'enregistrement de l'album suivant, Gavin passe de la guitare à la basse : l'instrument ne le quittera plus.
Après Beat of the Street (1974), le groupe quitte Island pour CBS. Reach for the Sky (1975) contient « Ain't Too Proud », où David Gilmour tient la pedal steel, et surtout « Arms of Mary », qui entre dans le top 10 britannique en 1976 et se classe numéro un en Irlande, aux Pays-Bas et en Flandre. « Secrets », extrait de Slipstream, suit en fin d'année. Après Down to Earth (1977), Quiver s'efface, les frères signent un dernier succès avec « Easy Come Easy Go » en 1979 et se séparent à la fin de cette même année, après l'album When the Night Comes Down. Gavin poursuit ensuite une discrète carrière solo, avec Diamonds and Gold (1999), The Deal (2008) et Tango at the Lost Cafe (2013). Son frère Iain est mort le 25 novembre 2019.
🔗 Écouter Sutherland Brothers & Quiver : Spotify
Kazuhiro Nagaoka – Kai Band (1951)
Certains bassistes quittent la scène pour mieux tirer les ficelles depuis la cabine. Kazuhiro Nagaoka est de ceux-là. Né le 6 octobre 1951 à Ōmura, dans la préfecture de Nagasaki, il fait ses classes à l'université de Fukuoka, où il fonde au club de folk le groupe Rigby avec Masahide Ide. Il fréquente assidûment le Shōwa, café-concert mythique de Fukuoka, et y joue avec le guitariste Nobukazu Ōmori au sein de formations baptisées Chikuzen et Shinsengumi.
En 1974, avec Yoshihiro Kai, Ōmori et le batteur Hideo Matsufuji, il fonde le Kai Band, qui débute avec le single « Basu Dōri ». Le groupe s'impose parmi les grandes formations rock japonaises de la décennie, et Nagaoka y signe notamment les paroles de « Kinpōge », « Kiteki no Hibiki » et « Ichinichi no Owari ». En 1979, le single « HERO (Hīrō ni naru toki, sore wa ima) » devient un énorme succès ; ironie du sort, c'est précisément à ce moment, le 5 octobre, que Nagaoka quitte le groupe pour raisons de santé.
Sa seconde vie commence en 1980, lorsqu'il entre chez Canyon Records, l'actuelle Pony Canyon, comme directeur artistique. Il y accompagne Hitomi Ishikawa, Hiroko Taniyama, Miyuki Nakajima, Chage & Aska ou BaBe, et devient à partir de 1985 le producteur de Yuki Saitō, alors au sommet. Yoshihiro Kai, apprenant qu'il était derrière ces disques, aurait lancé en riant qu'il aurait bien aimé voir ce talent mis au service du Kai Band. Nagaoka se tourne aussi vers le cinéma et supervise la musique de films comme Last Song (1994), Ring et Rasen (1998).
À la fin des années 1990, il fonde sa propre structure, JOMON, et travaille avec une génération nouvelle, d'aiko à capsule en passant par Becky. En 2001, il crée avec Kenjirō Sakiya le label indépendant HillValley Records, dont le nom combine le « oka » (colline) de Nagaoka et le « tani » (vallée) de Sakiya. En 2013, il revient s'installer dans sa ville natale d'Ōmura, devient conseiller musical auprès de la direction du parc Huis Ten Bosch, puis prend en 2016 la direction de la salle Sea Hat Ōmura. Depuis octobre 2021, il anime l'émission « Happy Go Lucky! » sur Nagasaki Broadcasting.
🔗 Blog officiel : blog.jomon.biz
Michael Alexander Willens – Kölner Akademie (1952)
Voici un contrebassiste qui s'est surtout fait un nom la baguette à la main. Michael Alexander Willens naît le 6 octobre 1952 à Chevy Chase, dans le Maryland. Contrebassiste, il étudie la direction d'orchestre à la Juilliard School de New York auprès de John Nelson, puis à Tanglewood avec Leonard Bernstein et Paul Vorwerk.
En 1996, il fonde en Allemagne la Kölner Akademie, un ensemble à géométrie variable capable de jouer sur instruments historiques comme modernes, et dont le répertoire court du baroque au contemporain, avec des incursions assumées dans le jazz et la pop. Willens se fait une spécialité de l'exhumation d'œuvres rares, avec un intérêt marqué pour les compositeurs américains. Le premier disque de l'orchestre est consacré à la Matthäuspassion de Johann Valentin Meder, et l'ensemble grave la première version enregistrée de la Markuspassion de Bach dans la reconstruction d'Andreas Glöckner et Diethard Hellmann.
Suivent des premières mondiales discographiques consacrées à Bernhard Crusell, Franz Danzi, Václav Pichl, Johann Baptist Vanhal, Johann Wilhelm Wilms, Bernhard Romberg, Sigismund von Neukomm, Pierre d'Alvimare ou Daniel Steibelt. Au total, plus de cinquante albums, dont une intégrale des concertos pour piano de Mozart chez BIS en 2016, les œuvres pour piano et orchestre de Mendelssohn en 2018 et les concertos pour piano de Beethoven en 2019. Avec son orchestre, il se produit dans une vingtaine de pays, d'Israël à l'Islande, de l'Azerbaïdjan à l'Amérique du Sud, et travaille régulièrement avec des ensembles d'étudiants.
Son disque consacré aux symphonies de Romberg lui a valu un prix Supersonic, et la ville de Magdebourg lui a décerné en 2026 le prix Georg-Philipp-Telemann. Les sources disponibles documentent surtout le chef d'orchestre : son parcours de contrebassiste proprement dit reste peu détaillé publiquement.
🔗 Site officiel de l'ensemble : koelnerakademie.de
Lee Allen Zeno – Buckwheat Zydeco (1954 – 2026)
En Louisiane, on ne devient pas bassiste de zydeco : on naît dedans. Lee Allen Zeno voit le jour le 6 octobre 1954 à Carencro, au cœur de l'Acadiane. À sept ans à peine, il rejoint le groupe de son cousin, Clifton Zeno and the Hiphuggers. Le gamin a trouvé sa place, et il ne la lâchera plus.
Dès 1980, son nom apparaît sur les pochettes. Il devient surtout, pendant de longues années, le bassiste attitré de Buckwheat Zydeco, la formation de l'accordéoniste Stanley Dural Jr., qui a porté le zydeco sur les scènes du monde entier et reste à ce jour le seul groupe du genre à avoir remporté un Emmy. En parallèle, Zeno est l'un des sidemen les plus demandés du Sud : on l'entend aux côtés d'Irma Thomas, Bobby Rush, des Neville Brothers, de Solomon Burke, Charlie Rich, Marcia Ball, Tracy Nelson, Kenny Neal, Boozoo Chavis ou Carol Fran. Plus de soixante-dix disques portent sa signature.
Maître d'un jeu où le R&B et le zydeco se répondent, il est récompensé par deux Grammy Awards : le premier pour l'album Lay Your Burden Down de Buckwheat Zydeco, le second, dans la catégorie Best Regional Roots Music Album, pour New Beginnings de Buckwheat Zydeco Jr., le fils de Stanley Dural. Il est aussi nommé pour son travail sur l'album Corey Ledet Zydeco de Corey Ledet, et figure au générique de A Tribute to the King of Zydeco, lui aussi primé aux Grammys.
Transmetteur autant que musicien, Zeno s'implique dans la vie musicale et l'enseignement en Acadiane. Le 19 mars 2026, il joue encore à l'Acadiana Center for the Arts avec l'ensemble R&B du programme de musiques traditionnelles de l'Université de Louisiane à Lafayette. Atteint d'une leucémie depuis plusieurs années, il doit renoncer à son concert prévu au Festival International d'avril et s'éteint au début du mois de mai 2026, à 71 ans. Le musicien et journaliste Herman Fuselier a résumé la perte en une phrase : un arbre est tombé.
🔗 Site officiel du groupe : buckwheatzydeco.com
Sandin Wilson – Freeway 12, Quarterflash, Gino Vannelli Band (1959)
Figure de la scène du Nord-Ouest Pacifique, Sandin Wilson naît le 6 octobre 1959 à Medford, dans l'Oregon. Sa première école, c'est l'orchestre, et sa première basse, une contrebasse. En 1976, à seize ans, il part avec l'ensemble America's Youth in Concert jouer au Carnegie Hall de New York, avant une tournée dans neuf pays européens. Diplômé du lycée de Medford en 1978, il passe une année au Mt. Hood Community College.
De 1979 à 1984, il officie au sein de Freeway 12, avec qui il enregistre deux albums et deux singles. À partir de 1989 et pendant vingt ans, il est bassiste et chanteur de Quarterflash, le groupe de Portland connu pour « Harden My Heart ». Il tourne aussi avec Nu Shooz et assure des premières parties pour Kenny Loggins, Chaka Khan, Tower of Power, les Neville Brothers ou Level 42.
En 2003, il publie son premier album solo, Into My World, dont Jimmy Haslip, bassiste des Yellowjackets, assure la production exécutive et fournit deux compositions. De 2005 à 2010, il est bassiste et choriste du groupe de Gino Vannelli, avec qui il enregistre deux DVD, dont un live capté au Java Jazz Festival de Jakarta. En octobre 2006, il enregistre en direct sur deux pistes, au club Jimmy Mak's de Portland, A Night on the Town, publié en 2007 sous le nom de Sandin Wilson Group. Musicien de studio infatigable, il revendique plus de 120 enregistrements et vit aujourd'hui à Scappoose, dans l'Oregon.
🔗 Écouter Sandin Wilson : Deezer
Scott Brown – Trooper, Danger Danger (1964)
Au Canada, Trooper est une institution, un de ces groupes dont les refrains résonnent dans chaque bar de l'Ouest depuis les années 1970. Scott George Brown, né le 6 octobre 1964, en tient la basse depuis 1996, ce qui fait de lui l'un des membres les plus fidèles de l'histoire du groupe de Vancouver.
Avant et à côté de Trooper, Brown a aussi travaillé avec le chanteur Paul Laine, à la fois dans sa carrière solo et au sein de Danger Danger, formation de hard rock mélodique où Laine a tenu le micro. Avec Trooper, il vit quelques grands moments de ferveur populaire canadienne : le spectacle de la mi-temps de la Coupe Grey 1997 au Commonwealth Stadium d'Edmonton, puis, le 21 février 2010, les cérémonies de remise des médailles des Jeux olympiques d'hiver de Vancouver, retransmises au Canada et dans le monde entier.
En mai 2023, Trooper entre au Panthéon de la musique canadienne, et Brown reçoit à cette occasion la statuette Juno en tant que membre intronisé. Installé sur l'île de Vancouver, il continue de tourner avec le groupe et, entre deux dates, se produit en solo ou en duo acoustique sur l'île et dans la région du Lower Mainland.
🔗 Site officiel du groupe : trooper.com
Tommy Stinson – The Replacements, Bash & Pop, Guns N' Roses, Soul Asylum (1966)
Il a appris la basse à onze ans, quitté le lycée en seconde pour partir en tournée et passé une bonne partie de sa vie à jouer dans des groupes plus grands que lui. Thomas Eugene Stinson naît le 6 octobre 1966 à Minneapolis. C'est son demi-frère Bob Stinson qui lui met l'instrument entre les mains ; avec le batteur Chris Mars, ils reprennent des chansons sous le nom de Dogbreath, sans chanteur. L'arrivée de Paul Westerberg change tout : après un concert calamiteux dans une salle paroissiale, en juin 1980, le groupe se rebaptise The Replacements.
Signés chez Twin/Tone par Peter Jesperson, qui devient aussi leur manager, les Replacements publient Sorry Ma, Forgot to Take Out the Trash en 1981, puis l'EP Stink. Avec Hootenanny (1983), ils s'éloignent du hardcore ; en avril de cette année-là, Tommy, seize ans, abandonne l'école pour suivre la première tournée américaine. Viennent ensuite Let It Be (1984), le live The Shit Hits the Fans, puis la signature chez Sire et Tim (1985), produit par Tommy Erdelyi, alias Tommy Ramone. Bob Stinson est renvoyé la même année ; le groupe enregistre en trio Pleased to Meet Me (1987) à Memphis avec Jim Dickinson, avant Don't Tell a Soul (1989), porté par « I'll Be You », numéro un du classement Modern Rock, et All Shook Down (1990). Le 4 juillet 1991, au Grant Park de Chicago, les Replacements disparaissent un à un de la scène, remplacés par leurs roadies : c'est la fin.
Stinson passe alors au chant et à la guitare avec Bash & Pop, dont l'album Friday Night Is Killing Me (1993) accueille Benmont Tench et Mike Campbell des Heartbreakers. Suit Perfect, dont l'album enregistré avec Jim Dickinson reste longtemps dans les tiroirs avant de paraître en 2004 sous le titre Once, Twice, Three Times a Maybe. En 1998, sur la recommandation du batteur Josh Freese, il remplace Duff McKagan dans Guns N' Roses. Il y restera seize ans, jouant sur treize des quatorze titres de Chinese Democracy (2008), dont il cosigne notamment le morceau-titre, « Street of Dreams » et « There Was a Time ». Richard Fortus le décrira comme le véritable directeur musical des répétitions en l'absence d'Axl Rose.
En parallèle, Stinson publie Village Gorilla Head (2004), enregistré avec le studio mobile prêté par Frank Black, puis rejoint Soul Asylum en hommage au bassiste disparu Karl Mueller : il termine l'enregistrement de The Silver Lining (2006) et joue sur Delayed Reaction (2012). Son deuxième album solo, One Man Mutiny, sort en 2011 sur son propre label, Done To Death Music. En 2012, il retrouve Westerberg pour les Songs for Slim, au profit du guitariste Slim Dunlap, puis les Replacements se reforment pour une tournée qui court de 2013 à 2015. En 2017, Bash & Pop renaît avec Anything Could Happen. Depuis 2021, Stinson tourne aussi en formule intime avec Cowboys in the Campfire, son duo avec le guitariste Chip Roberts.
🔗 Site officiel : tommystinson.com
Anders Iwers – Tiamat, Dark Tranquillity, Ceremonial Oath, Cemetary (1972)
Il faudrait un arbre généalogique pour suivre Anders Iwers dans la forêt du métal suédois. Né le 6 octobre 1972, il est le frère aîné de Peter Iwers, qui fut longtemps le bassiste d'In Flames. Mais c'est Anders qui a mis le pied le premier dans cette maison-là : il est l'un des cofondateurs du groupe et en a été le guitariste soliste à ses débuts, avant d'y revenir en invité sur Lunar Strain (1994).
Sa carrière commence à la guitare. Il fonde Ceremonial Oath, dont les premières démos paraissent en 1990 sous le nom de Desecrator, et avec qui il enregistre The Book of Truth (1993) et Carpet (1995). Il passe aussi par Cemetary, le temps de Black Vanity (1994) et Sundown (1996), et compte les Italiens de Lacuna Coil parmi ses anciennes adresses.
Le basculement vers la basse se fait chez Tiamat, le groupe gothique de Johan Edlund. Iwers y joue de A Deeper Kind of Slumber (1997) à The Scarred People (2012), en passant par Skeleton Skeletron, Judas Christ, Prey et Amanethes. Quand Leif Edling, fondateur de Candlemass, cesse de monter sur scène avec Avatarium, c'est lui qui tient la basse en concert ; on l'entend sur trois titres de The Girl With the Raven Mask (2015).
La même année, il rejoint Dark Tranquillity, dont il avait déjà signé des photographies pour les albums A Moonclad Reflection et Yesterworlds. Il joue sur Atoma (2016) et Moment (2020), avant que Mikael Stanne n'annonce, le 13 août 2021, son départ en même temps que celui du batteur fondateur Anders Jivarp. Il reste associé à Tiamat, dont il est présenté comme le bassiste.
🔗 Instagram : @iwers72
Caleb Scofield – Cave In, Old Man Gloom, Zozobra (1978 – 2018)
Quand il a proposé de jouer de la basse dans Cave In, personne dans le groupe ne savait qu'il en jouait. Caleb Mark Scofield naît le 6 octobre 1978 à Concord, dans le New Hampshire, et grandit à Pembroke. Adolescent, il découvre la musique lourde grâce aux groupes punk locaux comme Inline et The Rat, puis, dès qu'il a le permis, file à Boston voir Sheer Terror ou Sick of It All. Son premier groupe, Strike 3, formation hardcore du New Hampshire, le voit au micro.
Strike 3 venait de se séparer quand il appelle Cave In, en 1998, peu avant l'enregistrement de Until Your Heart Stops. Le groupe raconte sa surprise lors de la première répétition : le chanteur était en réalité un phénomène de la basse qui s'ignorait. Il devient un membre permanent et joue sur Jupiter (2000), Antenna (2003), Perfect Pitch Black (2005) et White Silence (2011), mêlant sa voix rugueuse aux envolées de Stephen Brodsky. Il ne cachait pas l'influence de Failure sur le son du groupe.
Scofield est aussi l'un des piliers d'Old Man Gloom, aux côtés de Nate Newton de Converge, de Seminar II et Seminar III (2001) jusqu'à No (2012) et The Ape of God (2014). En 2006, il conçoit Zozobra, son propre projet sludge : Harmonic Tremors (2007) avec Santos Montano, Bird of Prey (2008) avec Aaron Harris d'Isis, puis Savage Masters (2013), tous chez Hydra Head. Marié en 2004, père de deux enfants, il travaille aussi comme charpentier.
Le 28 mars 2018, il meurt à 39 ans dans un accident de la route, au péage de Bedford, dans le New Hampshire. La scène se mobilise aussitôt : une collecte pour sa famille réunit environ 72 000 dollars en vingt-quatre heures, et des concerts de soutien réunissent à Boston Converge, Young Widows et The Cancer Conspiracy reformé, puis à Los Angeles Pelican et les anciens membres d'Isis. Son frère Kyle et Nate Newton reprennent ses parties. Cave In publie en 2019 Final Transmission, bâti sur des démos où il joue sur chaque titre, et Old Man Gloom sort en 2020 les deux volets Seminar VIII et Seminar IX, derniers témoignages de son jeu.
🔗 Écouter Cave In : Bandcamp
Joe Lengson – MyChildren MyBride (1989)
Bassiste, écrivain, photographe : Joseph Henry Lengson, né le 6 octobre 1989 à Los Angeles, a toujours eu plusieurs cordes à son arc. Pianiste dès sept ans, il traverse adolescent toutes sortes de projets, du folk américain des origines au death metal. En 2004, il lance Red Lights & Semis, projet ambient électronique nourri de ses envies de musique de film ; l'un de ses titres, « Magnum », est utilisé en 2006 dans une série éducative de Discovery Channel. En 2006, il est aussi le batteur du groupe hardcore XBraveheartX, dont l'album Speak to These Bones paraît en 2008.
En septembre 2007, alors qu'il étudie la médecine à la Northern Arizona University, son ancien camarade de lycée Robert Bloomfield lui propose de devenir bassiste à plein temps de MyChildren MyBride, qui vient de signer chez Tooth & Nail et Solid State. Il joue sur Unbreakable (2008), produit par Joey Sturgis et Adam Dutkiewicz, sur Lost Boy (2010), qui entre au Billboard 200, puis sur l'album éponyme de 2012, produit par Zeuss.
En 2010, il décline une offre d'animer une émission de clips sur MTVu pour continuer à tourner. En 2011 paraît Sleeping in Parking Lots, recueil de trente chapitres de souvenirs de tournée. L'année suivante, il quitte MyChildren MyBride après un dernier concert à la House of Blues d'Anaheim, rentre à Los Angeles et lance son projet solo, The Woodsman's Babe. En 2013, il publie un recueil de poèmes, Too Many States Get in the Way.
🔗 Instagram : @joelengson
Siebe Sol – Phantom Elite, Blackbriar (1998)
Le benjamin de la liste joue aussi bien de la basse électrique que de la contrebasse, et il a de qui tenir. Siebe Sol Sijpkens naît le 6 octobre 1998 à Utrecht dans une famille d'artistes : sa mère, Lia Laimböck, est peintre, son père, Reinier Sijpkens, « watermuzikant », musicien qui joue d'instruments à eau, et son grand-père, Willem Lenssinck, sculpteur et designer. Entre cinq et dix ans, il fait le tour du monde avec sa famille.
De 2015 à 2018, il suit la formation d'artiste métal de la Metal Factory d'Eindhoven, tout en multipliant déjà les engagements. Il remplace ponctuellement le bassiste de The Charm The Fury en concert, puis devient en 2016 le bassiste de Phantom Elite, groupe de métal symphonique néerlandais qu'il quitte en 2018 pour y revenir dès 2019 ; il figure sur l'ensemble de ses enregistrements. En 2021, il rejoint Blackbriar, formation gothique néerlandaise en pleine ascension, et joue depuis 2016 avec Sordid Pink.
Siebe Sol aime aussi les hommages. Depuis 2015, il tient la basse de Rage Against The System, tribute à Rage Against the Machine. De 2016 à 2020, il est le contrebassiste de Snake Bite Love, tribute acoustique à Motörhead, avec qui il participe en 2016 et 2017 aux concerts Lemmy Lives, aux côtés de Marco Roelofs, Raven van Dorst ou Charlotte Wessels ; sur l'album Back To The Pub (2019), il joue de la contrebasse électrique sur tous les titres. Musicien de session pour Inferum, Dark Horse White Horse ou Frogg, il est apparu en 2021 avec son père et son frère dans la série Doe Alsof Je Thuis Bent sur NPO 3.
🔗 Instagram : @siebesol
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