Boz Burrell - King Crimson, Bad Company (1946 - 2006)
Né Raymond Burrell à Holbeach en Angleterre, Boz Burrell débute sa carrière musicale dans l'effervescence des années 1960. D'abord chanteur et guitariste rythmique, il est profondément imprégné par le rhythm and blues et le jazz, et fait ses armes au sein de formations britanniques comme The Tea Time 4 et Boz People. Son destin de bassiste prend forme de manière inattendue en 1970 lorsque Robert Fripp, à la recherche d'un chanteur pour King Crimson, le recrute. Le groupe se retrouvant subitement sans bassiste pour l'enregistrement de l'album Islands (1971) et les tournées à venir, Fripp décide de lui enseigner l'instrument en urgence. Faisant preuve d'une musicalité innée, Burrell assimile la basse avec une aisance déconcertante et assure avec brio les lignes complexes du groupe de rock progressif.
Après la dissolution de cette incarnation de King Crimson en 1972, il s'associe à Paul Rodgers, Mick Ralphs et Simon Kirke pour fonder le supergroupe de hard rock Bad Company en 1973. C'est au sein de cette formation qu'il va durablement marquer l'histoire de la basse. Troquant la rigueur du rock progressif pour un blues rock musclé et taillé pour les stades, il adopte notamment la basse fretless. Son jeu fluide, profondément ancré dans le groove et dénué de fioritures inutiles, devient la fondation rythmique de tubes planétaires comme Can't Get Enough ou Feel Like Makin' Love. Il restera le bassiste incontournable du groupe jusqu'en 1982, avant de participer à diverses réunions dans les décennies suivantes. Il s'éteint d'une crise cardiaque en 2006, en Espagne, laissant derrière lui une empreinte indélébile dans l'histoire du rock des années 1970.
Lien pour le découvrir avec Bad Company : Profil Spotify de Bad Company
Prakash John - Parliament, Lou Reed, Alice Cooper, The Lincolns (1947 - )
Né à Bombay en Inde, Prakash John déménage à Toronto au Canada au début des années 1960. Fort d'une formation classique initiale au piano et au violon, c'est en découvrant les stations de radio américaines diffusant du rhythm and blues qu'il trouve sa véritable vocation. Fasciné par les lignes de James Jamerson et de Larry Graham, il apprend la guitare basse en autodidacte. Très vite, il devient une figure centrale de la scène musicale canadienne et contribue à forger ce que l'on appellera le "Toronto sound" au tournant des années 1970. Son groove puissant, syncopé et extrêmement créatif attire l'attention des plus grands.
Sa carrière décolle véritablement lorsqu'il rejoint la galaxie funk de George Clinton, enregistrant et tournant avec les légendaires Parliament et Funkadelic. Cette maîtrise absolue du funk et du R&B le propulse ensuite dans l'univers du rock. Au milieu des années 1970, il devient le bassiste redoutable de Lou Reed. Ses lignes de basse dantesques sur le mythique album live Rock 'n' Roll Animal (1974) sont depuis étudiées par de nombreux bassistes pour leur inventivité et leur énergie brute. Il enchaîne ensuite avec Alice Cooper, participant aux tournées monumentales du chanteur shock-rock. En 1979, fort de ces expériences internationales, il revient à ses premières amours rhythm and blues en fondant The Lincolns, un groupe devenu une véritable institution en Amérique du Nord, avec lequel il continue de perpétuer la tradition de la musique soul.
Lien pour le découvrir en concert avec Lou Reed : Album Rock 'n' Roll Animal sur Spotify
Franz Simandl - Orchestre de l'Opéra d'État de Vienne (1840 - 1912)
Né à Blatná en Bohême (aujourd'hui en République tchèque), Franz Simandl est sans doute l'une des figures historiques les plus influentes du monde de la contrebasse classique. Élevé dans un environnement où la musique folklorique est omniprésente, il entame une formation musicale académique au Conservatoire de Prague dès 1855, sous la tutelle du grand pédagogue Josef Hrabě. Il s'y distingue par une technique remarquable, ce qui lui vaut d'être nommé premier contrebassiste de l'Orchestre de l'Opéra d'État de Vienne en 1869, un poste d'une immense exigence qu'il conservera jusqu'à sa retraite en 1904.
Si son talent d'interprète est incontestable, c'est son travail de pédagogue qui l'a fait entrer dans l'histoire. Professeur au Conservatoire de Vienne pendant plus de quarante ans, il publie en 1881 sa Nouvelle Méthode pour la Contrebasse. Cet ouvrage monumental révolutionne l'approche de l'instrument. Simandl y codifie un système rigoureux de doigtés, utilisant les premier, deuxième et quatrième doigts de la main gauche pour les registres graves, et développant l'usage de la position du pouce pour les registres aigus. Il met l'accent sur la justesse irréprochable, la puissance du son et la flexibilité de la tenue d'archet (privilégiant la prise allemande). Plus d'un siècle après sa publication, la "méthode Simandl" reste la bible de nombreux conservatoires à travers le monde. Le contrebassiste a également composé de nombreuses études et pièces qui font aujourd'hui partie intégrante du répertoire classique de l'instrument.
Lien pour découvrir son œuvre pédagogique : Partition de la Nouvelle Méthode pour la Contrebasse sur IMSLP
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