Eddie Dawson - Sam Morgan's Jazz Band, Kid Howard's Olympia Band (1884 - 1972)
Edward J. "Eddie" Dawson est une figure historique majeure et un pionnier de la contrebasse dans le jazz traditionnel de La Nouvelle-Orléans. Autodidacte, il a commencé sa carrière musicale de façon formelle vers 1917 en rejoignant la formation de Sam Morgan. Dans l'effervescence de Storyville, quartier des spectacles et véritable berceau du jazz, Dawson s'est forgé une solide réputation de rythmicien, accompagnant des légendes telles que Manuel Manetta et Joe Oliver. Au cours des décennies 1920 et 1930, sa contrebasse — montée avec des cordes en boyau naturel, alternant le jeu aux doigts (pizzicato) et la technique à l'archet caractéristique de cette époque de transition — a résonné au sein des orchestres de Buddie Petit, Oscar Celestin, Kid Rena et Kid Howard. Fait singulier illustrant les conditions de vie des musiciens de cette ère, il a mené une double carrière, conservant un emploi régulier à la Whitney National Bank pendant plus de cinquante ans tout en participant activement à l'évolution de la musique afro-américaine. Dans les années 1950 et 1960, il a continué à jouer pour préserver le répertoire originel, notamment avec Peter Bocage au Mama Lou's et avec diverses formations traditionnelles au célèbre Preservation Hall.
Pour découvrir : Biographie d'Eddie Dawson (Music Rising)
Heinz Burt - The Tornados (1942 - 2000)
Né à Detmold en Allemagne, Heinz Burt a émigré au Royaume-Uni où il est devenu une figure incontournable du rock instrumental britannique du début des années 1960. Repéré par le génial et fantasque producteur Joe Meek, Heinz s'est imposé comme le bassiste des Tornados. Jouant avec un médiator pour obtenir une attaque très prononcée, il s'est d'abord illustré sur une basse Framus Star avant d'adopter des modèles de la marque anglaise Burns, développant un son percussif indispensable aux expérimentations de studio. Avec The Tornados, il a gravé le titre Telstar en 1962, un morceau instrumental avant-gardiste exploitant les premiers synthétiseurs, qui est devenu le premier single britannique de l'histoire à atteindre la première place des classements américains. Conscient de l'importance de l'image naissante dans la pop, Joe Meek l'a convaincu de se teindre les cheveux en blond platine, une provocation visuelle forte pour l'ère pré-Beatles. Meek l'a ensuite poussé vers une carrière solo sous le simple nom de "Heinz". Il a notamment obtenu un immense succès avec Just Like Eddie, un hommage appuyé au rockeur américain Eddie Cochran sur lequel un jeune Ritchie Blackmore officiait à la guitare. Bien que sa carrière ait inévitablement décliné après le décès tragique de son mentor en 1967, Heinz Burt demeure un acteur fondamental illustrant la transition de la basse électrique au premier plan de la scène pop européenne.
Pour découvrir : Heinz Burt sur Spotify
Allen McGrier - Teena Marie, Rick James (1957 - )
Pur produit de la scène de Détroit, Allen McGrier a grandi dans l'ombre créative de la Motown et de la légendaire famille Jamerson. Trompettiste de formation depuis l'âge de douze ans, sa trajectoire a basculé lorsqu'il a rencontré James Jamerson Jr. au collège, une connexion amicale qui l'a définitivement orienté vers la basse électrique. Héritier direct du son charnu de Détroit, McGrier a forgé un jeu organique sur des Fender Precision et Jazz Bass, mêlant les placements très syncopés de l'ère Motown avec l'énergie brute et claquante du P-Funk naissant. Exportant ce savoir-faire redoutable sur la côte ouest américaine, il s'est illustré de manière spectaculaire aux côtés de la chanteuse Teena Marie. McGrier n'était pas seulement un redoutable bassiste de session capable de verrouiller un groove lourd et millimétré ; il s'est également affirmé en tant que compositeur et producteur de talent, coécrivant notamment le classique R&B Young Love. Ses lignes de basse, profondément ancrées dans la rigueur rythmique du funk tout en intégrant la richesse harmonique de la soul, font de lui un acteur clé pour comprendre l'évolution du groove moderne à la charnière des années 1970 et 1980.
Pour découvrir : Discographie d'Allen McGrier (Discogs)
Mick Karn - Japan, Dalis Car (1958 - 2011)
Né Andonis Michaelides à Nicosie (Chypre) et ayant grandi à Londres, Mick Karn est sans conteste l'un des bassistes fretless les plus originaux, influents et identifiables de l'histoire de la musique contemporaine. Cofondateur du groupe Japan en 1974 avec le chanteur David Sylvian, Karn a d'abord étudié le basson au sein de l'orchestre symphonique des écoles de Londres avant de se tourner vers la basse électrique suite au vol de son instrument. Totalement autodidacte sur la basse, il a développé un phrasé fretless sinueux, glissant et fortement percussif, nourri par les gammes du Moyen-Orient et l'approche vocale de la musique orientale. Cette identité sonore le démarquait radicalement du jeu lyrique américain typique du courant jazz-fusion. Sur des albums monumentaux comme Tin Drum (1981), Karn a imposé la basse comme la véritable voix soliste au sein du mixage. Pour sculpter ce son, il a longtemps utilisé une lourde basse Travis Bean TB2000 à manche en aluminium avant de devenir l'ambassadeur de la prestigieuse marque anglaise Wal, jouant principalement sur une Mark I fretless dotée d'une table unique en tulipwood africain. Après la séparation de Japan, son approche avant-gardiste l'a amené à former l'éphémère mais brillant projet Dalis Car avec Peter Murphy de Bauhaus, et à prêter son phrasé si singulier à des artistes comme Kate Bush, Gary Numan ou Joan Armatrading.
Pour découvrir : L'héritage de Mick Karn
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