Ernie Shepard - Duke Ellington Orchestra, Eddie Heywood (1916 - 1965)
Originaire de Beaumont au Texas, Ernest Shepard Jr. s'est imposé comme une figure incontournable de la contrebasse jazz du milieu du XXe siècle. Autodidacte, il fait ses premières armes dans les années 1930 au sein des territory bands texans, d'abord comme chanteur puis en se consacrant pleinement à son instrument de prédilection. Dès son arrivée en Californie à la fin des années 1930, sa pulsation solide et l'épaisseur de son timbre acoustique attirent l'attention. En 1945, il croise le fer avec les pionniers du bebop en accompagnant brièvement Charlie Parker et Dizzy Gillespie. Mais c'est surtout pour son travail au sein du grand orchestre de Duke Ellington, qu'il intègre en 1962, qu'il laisse une trace indélébile. Accompagnateur au tempo irréprochable et pilier rythmique de la section, il enregistre des albums majeurs de cette décennie comme The Great Paris Concert et The Symphonic Ellington. Shepard n'était pas seulement un redoutable instrumentiste ; il apportait également sa voix, se fendant parfois de solos vocaux pleins de swing. Installé en Allemagne en 1964, il y devient un musicien de studio très prisé jusqu'à la fin de sa vie.
Pour l'écouter : La discographie d'Ernie Shepard sur Discogs
Alan Gorrie - Average White Band, Forever More (1946)
Baigné dans le jazz par un père pianiste à Perth en Écosse, Alan Edward Gorrie est le bassiste, chanteur et membre fondateur de la légendaire formation funk et soul Average White Band (AWB). Très tôt marqué par le contrebassiste Ray Brown, il trouve définitivement sa voie en écoutant les lignes de basse syncopées de James Jamerson et Donald "Duck" Dunn. Multi-instrumentiste à l'aise aux claviers comme à la guitare, c'est à la basse qu'il insuffle ce groove inimitable qui propulse AWB au sommet des charts dès 1974 avec le standard instrumental Pick Up the Pieces. Son jeu, percussif, extrêmement articulé et toujours placé au fond du temps, définit les contours du white soul des années 70. Gorrie compose une grande partie du répertoire du groupe et pose des fondations rythmiques qui feront d'AWB l'une des formations les plus samplées de l'histoire du hip-hop. Infatigable artisan du groove, il a continué à écumer les scènes du monde entier avec AWB jusqu'à la tournée d'adieux du groupe en 2024.
Pour l'écouter : Site officiel de Average White Band
Kevin Jenkins - Graham Parker, Cyndi Lauper, Black 47 (1956)
Élevé à Boston, Kevin Jenkins est l'archétype du sideman redoutable : un bassiste dont la priorité absolue est de servir la chanson par un soutien rythmique infaillible. Il commence à jouer professionnellement au début des années 70 et forge son approche au contact d'artistes de la scène disco et soul new-yorkaise comme Vickie Sue Robinson. Doté d'une redoutable efficacité et d'une grande intelligence de placement, il est recruté en 1982 par le rockeur britannique Graham Parker, avec qui il enregistre et tourne pendant plusieurs années. Son assise rythmique et sa capacité à s'adapter à de multiples esthétiques lui permettent ensuite de devenir le bassiste de Cyndi Lauper de 1986 à 1995. Il l'accompagne sur plusieurs tournées mondiales massives et enregistre notamment sur l'album Hat Full of Stars. Figure respectée de la scène new-yorkaise (il a également tenu les graves pour le groupe de rock celtique Black 47), Jenkins est un maître du pocket playing, laissant la virtuosité ostentatoire au profit de la profondeur du groove. En 2012, il sort enfin de l'ombre de la section rythmique en publiant son premier projet solo.
Pour l'écouter : Profil de Kevin Jenkins sur SoulTracks
Nicolas Fiszman - Francis Cabrel, Zazie, Sting (1964)
Né à Bruxelles, Nicolas Fiszman est sans conteste l'un des bassistes de session et de scène les plus prisés du paysage musical francophone et international. Actif depuis les années 1980, il s'illustre par un jeu d'une finesse absolue, toujours élégant, mélodique et profondément respectueux de l'arrangement original. Bassiste attitré de Francis Cabrel depuis de nombreuses années, il a également mis ses graves soyeux au service de Zazie, Maurane ou encore Benjamin Biolay. Sa réputation dépasse largement les frontières européennes, comme en témoigne un épisode marquant de 2019 : lorsque Sting s'est blessé et s'est retrouvé dans l'incapacité temporaire de jouer de son instrument en tournée, c'est à Nicolas Fiszman que l'ex-chanteur de The Police (pourtant lui-même un bassiste historique) a fait appel pour tenir la basse sur scène. Véritable orfèvre du bas du spectre, Fiszman maîtrise avec autant de justesse la basse électrique que la contrebasse, sachant se faire totalement caméléon tout en conservant une signature sonore feutrée, chaleureuse et d'une précision diabolique.
Pour l'écouter : Nicolas Fiszman sur Spotify
Didz Hammond - The Cooper Temple Clause, Dirty Pretty Things (1981)
David Jonathan Hammond s'est d'abord fait connaître en tant que bassiste flamboyant du groupe de rock alternatif britannique The Cooper Temple Clause au début des années 2000. Dans cette formation oscillant entre post-hardcore et envolées électroniques, son jeu au plectre, volontiers agressif et saturé d'effets, constituait la charpente de compositions denses et sombres. Après la séparation du groupe, son énergie scénique et son attaque incisive le font immédiatement recruter par Carl Barât (ancien membre des Libertines) pour former Dirty Pretty Things en 2005. Dans ce nouveau cadre résolument garage et punk-rock, Hammond déploie des lignes de basse rapides, mélodiques et nerveuses, s'imposant comme le moteur rythmique du groupe. Il s'illustre également par de nombreuses harmonies vocales, prenant même la voix principale sur quelques titres comme la ballade The North. Son style et son attitude incarnent parfaitement l'effervescence de la scène indie rock anglaise de l'époque, mêlant l'urgence brute du mouvement punk à une vraie rigueur harmonique.
Pour l'écouter : Dirty Pretty Things sur Spotify
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