En ce 16 mars, toute l'équipe de gravebasse.com est ravie de célébrer le quarante-et-unième anniversaire d'un musicien qui a littéralement redéfini les standards de la basse électrique : l'incroyable Henrik Linder. Né le 16 mars 1985 en Suède, ce bassiste hors norme s'est imposé en un peu plus d'une décennie comme l'un des techniciens les plus flamboyants et les plus créatifs de sa génération, propulsant le jazz-funk fusion dans une nouvelle ère de virtuosité pop grâce à son travail monumental au sein du trio Dirty Loops.
Le parcours musical de Henrik Linder commence bien loin des basses fréquences. Dès l'âge de quatre ans, le jeune Suédois se consacre à l'étude du piano. Son éducation auditive est fortement influencée par les goûts de sa sœur aînée, qui écoute assidûment des groupes de rock alternatif comme Soundgarden. C'est en disséquant ces morceaux que le jeune Henrik développe une véritable fascination pour les métriques impaires et les rythmiques complexes, posant ainsi les bases de son futur vocabulaire musical. Le grand tournant de sa vie survient vers l'âge de treize ans, poussé par une motivation adolescente des plus classiques. Une fille dont il est secrètement amoureux lui confie un jour que la basse est, selon elle, l'instrument le plus séduisant qui soit. Il n'en faut pas plus pour que Henrik abandonne le piano et jette son dévolu sur la guitare basse.
Ses premières inspirations à la quatre cordes sont électriques. Il est profondément marqué par le jeu de Flea, le bassiste des Red Hot Chili Peppers, particulièrement après avoir écouté le titre "Aeroplane" sur l'album One Hot Minute. Très vite, sa soif d'apprentissage le pousse vers des horizons plus techniques et harmoniquement riches. Il découvre alors le travail de titans de la fusion comme les Brecker Brothers et le groupe Tribal Tech, où évolue le légendaire Gary Willis, qui deviendra l'une de ses influences majeures. Linder commence à prendre des cours avec un bassiste local du nom de Robert Sundin, affinant sa technique à une vitesse fulgurante. À l'âge de seize ans, son talent précoce en fait déjà un musicien de session particulièrement demandé sur la scène musicale de Stockholm.
Linder poursuit naturellement son cursus au lycée Södra Latin avant d'intégrer le prestigieux Conservatoire Royal de Musique de Stockholm pour y étudier le jazz. C'est dans les couloirs de cette institution que l'histoire s'accélère. Il y retrouve son ami d'enfance, le redoutable batteur Aron Mellergårdh, avec qui il passe un temps infini à jammer et à repousser ses propres limites techniques. Bientôt rejoints par un autre camarade de classe, le chanteur et pianiste prodige Jonah Nilsson, ils décident en 2008 de former Dirty Loops. Leur concept est audacieux : appliquer leur immense bagage de musiciens de jazz fusion à des chansons pop ultra-commerciales.
Leur ascension est fulgurante. Leurs reprises réarrangées de Lady Gaga, Justin Bieber ou Britney Spears, postées sur YouTube, deviennent virales, stupéfiant la communauté musicale internationale par leur complexité harmonique et leur groove ravageur. Le monde de la basse découvre alors un extraterrestre arborant une esthétique colorée et maniant des basses à six cordes de la lutherie suédoise Mattissonbasses. Le style de Henrik Linder est un feu d'artifice constant. Il combine un slap d'une vélocité et d'une précision chirurgicales, une technique de fingerstyle étourdissante, des accords jazzy étendus et un sens de la syncope inégalé, le tout servi par un son moderne, percussif et saturé d'effets pointus.
Le succès en ligne de Dirty Loops se concrétise en 2014 avec la sortie de leur premier album, Loopified, rempli de compositions originales tout aussi exigeantes. Le talent de Henrik et de ses acolytes attire l'attention des plus grands noms de l'industrie, leur ouvrant les portes de tournées internationales monumentales aux côtés d'artistes majeurs comme Maroon 5 et le célèbre producteur David Foster.
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