Hama Okamoto, le gardien japonais du pop rock (1991-)

Publié le 12 mars 2026 à 06:43

Aujourd'hui, 12 mars, l'équipe de Gravebasse souhaite un excellent anniversaire à Hama Okamoto, qui célèbre ses trente-cinq ans. Né Ikumi Hamada en 1991 à Tokyo, ce musicien exceptionnel s'est imposé comme l'un des bassistes les plus influents et respectés de la scène musicale japonaise contemporaine. Bien qu'il soit le fils aîné du célèbre duo comique Masatoshi Hamada (du groupe Downtown) et de l'actrice Natsumi Ogawa, Hama Okamoto a su s'affranchir très tôt de cette filiation écrasante pour se forger un nom uniquement grâce à son immense talent, son groove implacable et son amour inconditionnel pour les fréquences graves. Pour nos lecteurs, se pencher sur la carrière de Hama, c'est découvrir un pont parfait entre la pure tradition de la guitare basse vintage et la modernité de la scène rock et funk nippone.

Son aventure musicale prend une tournure décisive à la fin des années 2000 avec la formation du groupe Okamoto's, composé de ses amis du lycée Wakō Gakuen. En adoptant tous le nom de scène "Okamoto" en hommage à l'artiste d'avant-garde Tarō Okamoto et au légendaire groupe de punk rock les Ramones, le quatuor ravive la flamme d'un rock à la fois brut, teinté de funk et de psychédélisme. Dès ses premières apparitions, Hama Okamoto se démarque par une maturité musicale déconcertante. Loin de se cacher dans le fond du mix, sa basse est l'épine dorsale du groupe. Son jeu puise profondément dans les racines de la soul, du rhythm and blues et du rock des années soixante et soixante-dix, proposant des lignes mélodiques riches, des syncopes redoutables et un placement rythmique d'une précision chirurgicale.

La virtuosité de Hama Okamoto ne s'arrête d'ailleurs pas aux frontières de son propre groupe. Très vite, son talent d'instrumentiste et de producteur attire l'attention de toute l'industrie musicale japonaise. Il devient un musicien de studio et de scène extrêmement convoité, prêtant ses lignes de basse bondissantes à des artistes de premier plan. On a pu l'entendre sublimer les compositions de figures majeures telles que Gen Hoshino, avec qui il a longuement collaboré sur scène et en studio, ou encore la célèbre chanteuse Ringo Sheena. À chaque apparition, que ce soit à la télévision ou dans de gigantesques festivals, Hama apporte cette assise rythmique chaude et ce son percutant qui le caractérisent tant.

Pour les lecteurs de Gravebasse, il est impossible d'évoquer Hama Okamoto sans plonger avec délice dans la section matériel, car l'homme est un véritable puriste et un ambassadeur de prestige pour la marque Fender. Son nom est d'ailleurs indissociable de la Precision Bass. Hama a longtemps fait de sa Fender Precision Bass de 1968 son instrument de prédilection, une basse au caractère bien trempé, rendue célèbre par ses fameuses mécaniques "lollipop" que l'on ne retrouve que sur une courte période de production à la fin des années soixante. Cette passion pour l'histoire de la lutherie a naturellement conduit Fender Japon à lui proposer ses propres modèles signatures, un honneur rare. Le modèle Fender Precision Bass Hama Okamoto #4 est rapidement devenu un classique très recherché, même au-delà des frontières japonaises. Cette basse signature présente la particularité fascinante de combiner l'électronique et le corps profilé d'une Precision Bass avec la finesse et le confort d'un manche de Jazz Bass (un sillet de 38 millimètres), le tout dans des finitions élégantes comme l'Olympic White ou le 3-Color Sunburst.

Toujours dans cette quête d'esthétique rétro et de sonorités affirmées, il a également collaboré avec Fender pour relancer et revisiter la Katana Bass, un modèle au design asymétrique audacieux des années quatre-vingt qu'il affectionne particulièrement sur scène. Côté amplification et effets, Hama privilégie la chaleur des lampes et la dynamique pure, cherchant toujours à conserver le fameux "clank" médium de la Precision Bass, qu'il attaque aussi bien aux doigts avec un toucher feutré qu'au médiator pour un rendu plus agressif et rock.

Aujourd'hui, Hama Okamoto n'est pas seulement un musicien accompli, il est un véritable passeur de témoin. Par ses apparitions dans de nombreuses émissions télévisées éducatives ou spécialisées sur la musique, il démocratise la guitare basse auprès de la jeune génération japonaise avec passion et pédagogie. À l'occasion de son anniversaire, nous célébrons non seulement le bassiste redoutable qui fait groover les scènes du monde entier, mais aussi l'amoureux transi de l'instrument qui continue de prouver que, plus de soixante-dix ans après sa création, la basse électrique a encore de magnifiques chapitres à écrire.

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