John McCoy, le colosse du hard-rock (1950-)

Publié le 9 mars 2026 à 08:05

Aujourd’hui, toute l'équipe de gravebasse.com célèbre le soixante-seizième anniversaire d'une figure véritablement incontournable et monumentale de la guitare basse britannique : John McCoy. Avec son crâne rasé, ses inamovibles lunettes noires, son bouc emblématique et sa carrure imposante, McCoy possède l'un des looks les plus reconnaissables de l'histoire du hard rock. Mais au-delà de cette image de géant intimidant, c'est surtout un musicien d'une redoutable efficacité, un compositeur prolifique et un producteur visionnaire qui a laissé une empreinte indélébile sur la scène musicale internationale, naviguant avec une aisance déconcertante entre le heavy metal classique, le rock progressif et l'énergie brute du punk.

Né le 9 mars 1950 à Huddersfield, dans le Yorkshire, John Matthew McCoy entame son voyage musical bien loin des amplificateurs saturés, puisqu'il commence par l'apprentissage du violoncelle dès l'âge de six ans. Cette formation initiale lui insuffle une compréhension profonde des fréquences graves et de leur impact crucial sur l'harmonie et le rythme d'une composition. Adolescent, il se tourne d'abord vers la guitare électrique avant de basculer définitivement vers la basse en 1966, presque par hasard, lors d'une audition pour le groupe Mamas Little Children où le poste de guitariste venait juste d'être pourvu. Dès lors, il forge ses armes dans de multiples formations des années soixante et soixante-dix, perfectionnant son jeu au sein de groupes aux styles variés, allant du blues rock avec Tramline jusqu'au jazz-rock fusion avec Zzebra.

C'est à la fin des années soixante-dix que sa carrière explose véritablement lorsqu'il s'associe au légendaire chanteur de Deep Purple, Ian Gillan, pour former le groupe sobrement baptisé Gillan. De 1978 à 1982, John McCoy devient le moteur vrombissant de cette machine hard rock, co-écrivant de nombreux titres et assurant des lignes de basse massives et percutantes. Le groupe enchaîne les succès commerciaux au Royaume-Uni avec des albums culte comme Mr. Universe, Glory Road ou encore Future Shock. Les apparitions télévisées de McCoy, notamment dans la célèbre émission Top of the Pops, marquent toute une génération de bassistes fascinés par son attitude scénique théâtrale et son groove implacable qui cimentent littéralement le son du groupe.

Loin de se reposer sur ses lauriers après l'aventure Gillan, notre colosse explore d'autres horizons avec une audace rafraîchissante. Il fonde notamment le groupe Mammoth au cours des années quatre-vingt, une formation hard rock au concept atypique rassemblant exclusivement des musiciens de très forte corpulence, prouvant son indéniable sens du spectacle et de l'autodérision. Il lance également son propre projet solo, judicieusement nommé McCoy, s'entourant de pointures telles que le guitariste Paul Samson. Son impressionnant CV le voit par ailleurs collaborer avec Atomic Rooster, ou encore former le redoutable power trio Guy McCoy Tormé aux côtés du regretté guitariste Bernie Tormé, démontrant une fois de plus son amour inconditionnel pour le rock lourd et sans concession.

Les lecteurs de gravebasse.com seront également fascinés d'apprendre que le talent de John McCoy s'étend bien au-delà de son instrument de prédilection, puisqu'il a joué un rôle déterminant de l'autre côté de la console de mixage. Fort de son éclectisme, il s'est illustré en tant que producteur pour la bouillonnante scène punk britannique, produisant notamment le premier album séminal des U.K. Subs, Another Kind of Blues, paru en 1979. McCoy a su capturer l'urgence, la vitesse et l'agressivité de ce groupe naissant, apportant son expertise sonore pour faire ressortir une puissance dévastatrice qui effrayait l'establishment rock de l'époque, prouvant qu'un bassiste de hard rock pouvait parfaitement comprendre et sublimer l'éthique punk.

Sur le plan du matériel, John McCoy est un puriste de l'impact et de la puissance brute. Bien qu'il ait expérimenté diverses marques au fil des décennies, son arme de choix reste incontestablement la Fender Precision Bass traditionnelle à quatre cordes, qu'il malmène avec une dextérité impressionnante. Pour propulser ses fréquences sismiques, il a longtemps fait confiance à l'amplification Marshall, combinant des têtes d'ampli surpuissantes avec d'imposants murs d'enceintes équipées de haut-parleurs de quinze et douze pouces. Privilégiant très souvent le jeu au médiator, et plus particulièrement des modèles triangulaires extrêmement épais, il obtient cette attaque franche, agressive et d'une précision chirurgicale qui lui permet de percer le mix même au milieu des guitares les plus saturées.

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