Aujourd'hui, 28 février 2026, marque le quatre-vingt-dix-huitième anniversaire de la naissance d'une figure tutélaire de notre univers musical. Bien que gravebasse.com soit passionnément ancré dans le monde de la guitare basse électrique, il est de notre devoir de rendre un hommage appuyé aux géants qui ont façonné l'histoire de notre instrument acoustique d'origine, la contrebasse. Né le 28 février 1928 et disparu le 22 octobre 2006, le maître suédois Thorvald Fredin a laissé une empreinte indélébile dans l'histoire de la musique classique et de la pédagogie. En cette journée de commémoration posthume, nous replongeons dans la vie et l'œuvre d'un musicien exceptionnel dont l'exigence, le talent et la passion pour la transmission continuent d'inspirer les bassistes du monde entier.
Le parcours musical de Thorvald Fredin s'est construit sur des fondations d'une rigueur absolue. Dès la fin des années quarante, il forge sa technique à la prestigieuse école de musique d'Ingesund avant d'intégrer l'École supérieure de musique de Stockholm. Soucieux de parfaire son art, il se rend ensuite à l'Académie de musique de Vienne au milieu des années cinquante. Cette quête d'excellence lui ouvre rapidement les portes des ensembles les plus renommés de son pays. En 1952, il intègre l'Orchestre de l'Opéra royal de Suède, célèbre institution également connue sous le nom de Kungliga Hovkapellet. Son ascension y est fulgurante, puisqu'il en devient le premier contrebassiste solo dès 1958, un poste prestigieux qu'il occupera avec une maestria inégalée pendant trente-six ans, jusqu'en 1994. Sa présence au sein de cet orchestre a défini le son des pupitres graves pour plusieurs générations d'auditeurs.
Au-delà de son rôle fondamental au sein de l'Opéra royal, Thorvald Fredin s'est illustré comme un chambriste et un soliste redoutable, prouvant avec éclat que la contrebasse pouvait s'affranchir de son rôle strict d'accompagnement rythmique pour briller au tout premier plan. Il a été l'un des membres fondateurs de l'Orchestre de chambre de Stockholm et de la Sinfonietta de Stockholm, tout en prêtant son archet à l'Orchestre de chambre de Drottningholm. Les audiophiles et les passionnés chérissent particulièrement ses enregistrements solistes. En témoigne son remarquable album paru dans les années soixante-dix où il interprète, magnifiquement accompagné par le pianiste Lars Roos, des pièces maîtresses de son répertoire. Plus tard, au cours des années quatre-vingt, il grave pour le label Opus 3 des concertos monumentaux pour contrebasse et orchestre, incluant des œuvres exigeantes de Giovanni Bottesini, Lars-Erik Larsson et Erland von Koch. Ces captations, célèbres pour leur qualité sonore exceptionnelle, demeurent des références absolues soulignant la clarté de son articulation, la chaleur de sa sonorité et sa virtuosité hors pair.
L'héritage de Thorvald Fredin ne se limite toutefois pas à ses performances mémorables sur les scènes internationales ou à ses sillons gravés sur vinyle. Il fut un pédagogue visionnaire et infatigable, transmettant son immense savoir-faire pendant plus de trois décennies. Professeur à l'École supérieure de musique de Stockholm de 1961 à 1994, il a formé l'élite de la scène scandinave. Conscient du manque d'ouvrages pédagogiques adaptés dans son pays, il a rédigé plusieurs méthodes incontournables, dont "Kontrabasskolan" publiée en 1969 puis mise à jour en 1989, ainsi que la série "Kontrabasen och jag". Ces ouvrages sont devenus des piliers absolus de l'enseignement musical en Suède. Sa contribution magistrale à la culture lui a valu d'être élu membre de l'Académie royale de musique de Suède en 1976 et de recevoir le titre très convoité de professeur en 1980, consacrant ainsi l'ensemble de son dévouement à la musique.
Instrumentiste de légende, Thorvald Fredin avait également le privilège de jouer sur des instruments d'exception, dont la fameuse contrebasse "Hegner" fabriquée en 1903 par le luthier suédois Alfred Nilsson Brock, une œuvre d'art chargée d'histoire qui l'a accompagné durant de nombreuses représentations grandioses. Vingt ans après sa disparition, le souvenir de son approche majestueuse et de sa technique sans faille résonne avec toujours autant de force. Pour nous, amoureux du registre grave sur gravebasse.com, se pencher sur l'œuvre d'un tel maestro rappelle que peu importe l'instrument, qu'il soit à quatre, cinq ou six cordes, acoustique ou électrique, la passion du son pur et de l'excellence reste universelle. En ce jour de commémoration, nous saluons la mémoire d'un géant qui a su élever la basse au rang d'art majeur.
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