Aujourd'hui, 23 février, la rédaction de gravebasse.com célèbre l'anniversaire d'une figure importante du rock alternatif et sudiste des années quatre-vingt-dix : Jeff Beres, également connu sous le pseudonyme de Jett Beres. En soufflant ses cinquante-cinq bougies, le bassiste et co-fondateur de Sister Hazel nous offre l'opportunité de revenir sur un parcours musical exceptionnel. Pilier rythmique d'une formation qui a su traverser les décennies, Jeff Beres incarne la solidité, la mélodie et une approche de la basse profondément ancrée dans la chanson et l'harmonie vocale.
L'histoire musicale de Jeff Beres prend véritablement son envol au début des années quatre-vingt-dix dans l'effervescence de la scène locale de Gainesville, en Floride. À cette époque, la ville regorge de talents et de projets musicaux divers. Jeff Beres, comme les futurs membres de son groupe, évolue alors dans plusieurs formations, jouant régulièrement avec les uns et les autres. C'est à l'automne 1993 que la magie opère véritablement. Admirant mutuellement leurs jeux respectifs, Jeff Beres à la basse, Ken Block au chant, Andrew Copeland à la guitare rythmique, Ryan Newell à la guitare solo et Mark Trojanowski à la batterie, décident d'unir leurs forces. Ils choisissent de baptiser leur projet Sister Hazel, en hommage à une femme pasteur de Gainesville qui gérait des missions de sauvetage et des soupes populaires, s'assurant qu'aucun enfant de la communauté ne souffre de la faim. Le groupe a toujours cherché à insuffler cet esprit de bienveillance inconditionnelle dans sa propre musique.
Au milieu de la vague grunge qui déferle alors sur le monde musical, Jeff Beres et ses acolytes proposent une alternative lumineuse. Loin de prétendre que tout est toujours rose, ils assument de vouloir apporter un peu d'espoir avec un mélange de rock sudiste, de jangle pop et de rock classique. Le succès ne s'est toutefois pas construit en un jour. Beres se souvient de leurs débuts fondés sur un travail acharné et des tournées incessantes, allant jusqu'à passer trois cent vingt jours sur la route et donner deux cent quatre-vingts concerts en une seule année. Les nuits passées à dormir dans le fourgon de tournée ont fini par payer avec la sortie en 1997 de leur deuxième album, "Somewhere More Familiar". Porté par le tube "All For You", l'album s'écoule très rapidement à des dizaines de milliers d'exemplaires lors de son premier pressage et attire l'attention d'Universal Records, propulsant les lignes de basse rondes et chaleureuses de Beres sur les ondes du monde entier.
Sur le plan technique et sonore, Jeff Beres a su imposer une signature qui lui est propre. Si les albums du groupe peuvent parfois sembler assagis, les prestations scéniques révèlent la véritable intensité naturelle de son jeu. Sur scène, il n'est pas rare de le voir s'asseoir au bord de la scène, s'abandonnant totalement à son instrument comme s'il jouait sa dernière danse pour offrir au public une expérience mémorable. L'identité sonore de Sister Hazel repose également en grande partie sur les harmonies vocales auxquelles Jeff participe activement, créant une atmosphère accueillante, plus proche de la convivialité d'un feu de camp que de la rigueur d'une chorale. Côté matériel, un élément central pour nos lecteurs de gravebasse.com, le musicien a marqué les esprits par son association avec la marque Ibanez. Il figure notamment dans le catalogue américain du fabricant en 1999. Fait particulièrement notable pour les amateurs de belles lutheries, le luthier a fabriqué pour lui une basse Soundgear cinq cordes unique au sein du Custom Shop de Los Angeles. Cet instrument rare, doté d'un corps en acajou, d'un manche mêlant wenge et acajou, d'une touche en palissandre, ainsi que de micros et d'un préamplificateur trois bandes Bartolini, témoigne de son exigence en matière de fréquences graves. Il lui arrive également d'apporter sa touche aux claviers, notamment sur un piano électrique Fender Rhodes lors de sessions d'enregistrement.
La vie de musicien en tournée n'a cependant pas été exempte de difficultés personnelles, une période sur laquelle le bassiste s'est exprimé avec transparence au cours d'interviews. Comme il l'a avoué, le groupe a connu des moments sombres liés à des excès festifs durant leur jeunesse, rendant la situation parfois effrayante et instable. Heureusement, solidement entourés de personnes de bon sens qui les ont aidés à garder les pieds sur terre, Jeff Beres et ses frères d'armes ont su traverser cette tempête de la vie de rockstar. Devenus aujourd'hui des pères de famille, ils ont opté pour un environnement de tournée beaucoup plus sain et apaisé. Par ailleurs, bien que le nom du groupe et certaines paroles aient pu laisser penser à une affiliation religieuse, Beres a tenu à clarifier qu'ils ne forment en aucun cas un groupe de rock chrétien, préférant se définir comme des individus spirituels chacun à leur manière.
Aujourd'hui, cette cohésion retrouvée et assumée leur permet de s'investir pleinement pour leur immense communauté de fans, affectueusement surnommée les "Hazelnuts", à travers des événements originaux comme la croisière The Rock Boat ou le Hazelnut Hang, tout en poursuivant l'engagement caritatif originel du groupe au niveau mondial, notamment auprès de l'association Feed the Children.
En ce jour de célébration, toute l'équipe de gravebasse.com souhaite un excellent anniversaire à Jeff Beres.
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