En ce 8 février, nous célébrons une figure incontournable de la scène rock et nu-metal moderne. Dave "Phoenix" Farrell, le pilier rythmique de Linkin Park, souffle aujourd'hui ses quarante-neuf bougies. Souvent perçu comme la force tranquille du groupe, Farrell est l'exemple parfait du bassiste qui privilégie le service de la chanson à la démonstration technique, cimentant le son d'un des groupes les plus influents du XXIe siècle. Retour sur le parcours, le style et le matériel de celui qui assure les fondations de Linkin Park depuis plus de deux décennies.
Des débuts entre Punk et Metal
Né le 8 février 1977 à Plymouth dans le Massachusetts, David Michael Farrell déménage très jeune en Californie, un changement géographique décisif pour sa future carrière musicale. Si sa mère l'initie d'abord à la guitare, c'est vers la basse qu'il se tourne finalement, instrument qui deviendra son compagnon de route. Ses années de formation se déroulent au sein de la scène locale de Mission Viejo, où il intègre un groupe de ska-punk chrétien nommé Tasty Snax (qui deviendra plus tard The Snax). C'est une période formatrice où il développe son endurance et sa capacité à tenir des rythmiques rapides et énergiques, typiques du genre.
L'histoire de Farrell est indissociable de celle de Brad Delson, le guitariste de Linkin Park. Les deux musiciens se lient d'amitié à l'université UCLA, partageant une chambre et des sessions de répétition. C'est Delson qui invite Farrell à rejoindre Xero, la première incarnation de ce qui deviendra Linkin Park. Cependant, le destin est parfois capricieux : engagé contractuellement avec The Snax pour une tournée, Farrell doit quitter Xero juste au moment où le groupe, rebaptisé Hybrid Theory puis Linkin Park, entre en studio pour enregistrer son premier album mythique. C'est la raison pour laquelle, bien qu'étant un membre fondateur, il ne joue pas sur la majorité des titres de l'album Hybrid Theory, les lignes de basse ayant été assurées par Delson, Ian Hornbeck ou Scott Koziol. Il réintègre officiellement la formation en 2001 pour la tournée, reprenant sa place légitime pour ne plus jamais la quitter.
L'Approche "Less is More"
Pour les lecteurs de GraveBasse, le style de Phoenix est un cas d'école intéressant. Il n'est pas le bassiste qui cherchera à placer un solo au milieu d'un refrain, mais celui qui comprend exactement ce dont le morceau a besoin. Dans un groupe comptant deux chanteurs, un guitariste, un DJ et un batteur, l'espace sonore est saturé. L'intelligence de Farrell réside dans sa capacité à trouver sa fréquence, souvent en doublant les riffs de guitare pour leur donner une épaisseur massive ou en verrouillant le groove avec la batterie.
Sa technique oscille avec fluidité entre le jeu au médiator, qu'il utilise pour obtenir cette attaque percutante et métallique nécessaire au nu-metal (comme sur Papercut ou Faint), et le jeu aux doigts pour les morceaux plus nuancés ou groovy. Cette polyvalence lui permet de s'adapter aux virages stylistiques radicaux du groupe, passant de l'agressivité de Meteora aux textures plus électroniques et pop de One More Light, et plus récemment au retour aux sources observé sur l'album From Zero.
L'Arsenal Sonique : StingRay et Simplicité
Côté matériel, Dave Farrell a longtemps été l'ambassadeur non officiel mais emblématique de Music Man. Pendant la majeure partie de sa carrière, son arme de prédilection a été la Music Man StingRay, en versions 4 et 5 cordes. Le son caractéristique de la StingRay, avec son humbucker puissant et son égalisation active, lui permet de percer le mix dense de Linkin Park sans empiéter sur les fréquences des synthétiseurs de Joe Hahn.
Sur scène, sa configuration a toujours privilégié l'efficacité et la fiabilité. Il utilise traditionnellement des têtes d'ampli Ampeg SVT Classic couplées à des cabinets 8x10, le standard de l'industrie pour le rock lourd. Cependant, avec l'évolution technologique et les tournées récentes, notamment le From Zero World Tour, son rig s'est modernisé, intégrant davantage de modélisation et de gestion directe du signal pour assurer une consistance parfaite soir après soir. On l'a également vu diversifier sa lutherie ces dernières années, utilisant parfois des Fender Precision Bass pour obtenir un grain plus vintage et rond, notamment sur les nouveaux titres qui nécessitent une assise plus traditionnelle.
Un Nouveau Chapitre
Aujourd'hui, à 49 ans, Dave Farrell n'est pas seulement un musicien vétéran, mais un survivant et un reconstructeur. Après la tragédie de la perte de Chester Bennington en 2017, Farrell a été l'un des piliers maintenant la cohésion entre les membres restants. Son podcast "Member Guest" lui a permis de garder un lien avec le public durant la pause du groupe. Avec le retour triomphal de Linkin Park et l'arrivée d'Emily Armstrong au chant, Phoenix prouve une fois de plus que la basse est le cœur battant du groupe : discret, vital, et toujours présent.
Joyeux anniversaire à Dave Farrell, une inspiration pour tous les bassistes qui savent que la vraie virtuosité réside parfois dans la capacité à faire briller les autres.
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