Nicky Wire, le flamboyant de Manic Street Preachers (1969-)

Publié le 20 janvier 2026 à 08:08

Le monde du rock et de la basse célèbre l'anniversaire de Nicholas Allen Jones, plus connu sous le nom de Nicky Wire. Né le 20 janvier 1969 à Llanbadoc, au Pays de Galles, celui que l’on surnomme « The Wire » à cause de sa silhouette longiligne est bien plus qu’un simple gardien du rythme. Au sein des Manic Street Preachers, il incarne une fusion rare entre l’intellectuel politisé, le styliste glam-punk et le pilier inébranlable d’un groupe qui a survécu aux tragédies et aux changements de cycles musicaux avec une dignité exemplaire. Pour votre blog dédié à la quatre cordes, il est essentiel de se pencher sur cet artiste qui a su transformer la basse en un outil de revendication autant qu'en un accessoire de mode iconique.

Le parcours de Nicky Wire ne commence pas dans une école de musique mais sur les bancs de l’université de Swansea, où il obtient un diplôme en sciences politiques. Cette formation académique est cruciale pour comprendre son approche de la musique car elle nourrit directement ses textes. Avant même de se consacrer pleinement à la basse, il était le complice intellectuel de Richey Edwards, avec qui il partageait la tâche de l’écriture. Ensemble, ils ont forgé l'identité visuelle et textuelle des Manics, faite de références littéraires, de slogans situationnistes et d'une esthétique mêlant uniformes militaires et léopard. Lorsque le bassiste originel du groupe, Flicker, s’en va, Nicky délaisse la guitare rythmique pour s'emparer de la basse, un choix qui définira la suite de sa carrière et l'assise sonore du groupe.

Sur le plan technique, Nicky Wire a souvent été décrit comme un musicien dont l'approche privilégie l'attitude et l'énergie brute, surtout dans les premières années de « Generation Terrorists ». Pourtant, son jeu a considérablement évolué, gagnant en subtilité et en profondeur au fil des albums. Bien qu'il ait longtemps utilisé le médiator pour obtenir cette attaque percutante et punk, il a également exploré le jeu aux doigts, affirmant parfois dans des interviews récentes se sentir plus proche de son instrument de cette manière. Cette dualité se reflète dans la discographie du groupe, passant de l'agressivité clinique de l'album « The Holy Bible » aux lignes plus mélodiques et hymniques de « Everything Must Go ». Sa présence scénique, caractérisée par ses grands ciseaux et ses poses provocatrices, fait de lui l'un des bassistes les plus charismatiques de sa génération.

Le matériel de Nicky Wire est un sujet de fascination pour les amateurs de belles lutheries. Il est indissociable de la Gibson Thunderbird, une basse imposante qui semble avoir été conçue pour sa stature. Le son gras et boisé de la Thunderbird, souvent branché dans des amplificateurs Ampeg SVT classiques, constitue la colonne vertébrale de nombreux titres iconiques des Manics. Parallèlement à Gibson, il a souvent été vu avec des Rickenbacker 4003, appréciées pour leur clarté et leur mordant, ainsi que des Fender Precision et Jazz Bass pour les sessions de studio nécessitant une plus grande polyvalence. Plus récemment, il a collaboré avec la marque Italia pour le modèle Maranello, confirmant son goût pour les instruments au look rétro et original.

Au-delà de son rôle de musicien, Nicky Wire est devenu le principal parolier du groupe après la disparition mystérieuse de Richey Edwards en 1995. Cette transition a marqué un tournant où il a dû porter sur ses épaules l'héritage poétique du groupe tout en maintenant leur pertinence culturelle. Il a réussi ce tour de force en écrivant des morceaux qui ont dominé les classements britanniques, comme le célèbre « If You Tolerate This Your Children Will Be Next ». En dehors des Manic Street Preachers, il s'est également illustré en solo avec des albums comme « I Killed the Zeitgeist » ou plus récemment « Intimism », prouvant qu'il reste un observateur aiguisé de la société contemporaine et un artiste en constante recherche de renouvellement.

Aujourd'hui, alors qu'il franchit une nouvelle étape de sa vie, Nicky Wire demeure une figure incontournable pour tout bassiste qui considère que l'instrument ne doit pas seulement servir la mélodie, mais aussi un message. Sa carrière est une preuve vivante que l'on peut allier une conscience politique acérée, une sensibilité artistique totale et une maîtrise rigoureuse de la basse. Que ce soit avec une robe de chambre léopard sur les épaules ou une Gibson Thunderbird en bandoulière, il continue d'inspirer ceux qui voient dans le rock une forme d'art totale, où chaque note et chaque mot comptent.

Joyeux anniversaire à cet éternel rebelle gallois qui a su faire vibrer les cordes de l'histoire du rock britannique.

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