Avec le SEQTRAK, Yamaha revient sur le terrain de la groovebox tout-en-un, un segment largement dominé ces dernières années par Teenage Engineering, Roland ou Korg. Séquenceur, boîte à rythmes, synthétiseur, sampler et interface audio logés dans un boîtier de la taille d'un clavier d'ordinateur portable : le pari est ambitieux. Voici un tour complet de la machine, de ses moteurs sonores à son prix, pour se faire une idée de ce futur compagnon ?!
Le SEQTRAK (prononcer « seek track ») est ce que Yamaha appelle une « mobile music ideastation » : une station de création conçue pour capturer une idée musicale en quelques secondes, n'importe où. Le boîtier mesure 343 x 97 x 38 mm pour seulement 500 g, se glisse dans un sac, et embarque une batterie lithium-ion rechargeable (2 100 mAh) offrant 3 à 4 heures d'autonomie en utilisation continue. Il est disponible en deux finitions : noir intégral, ou blanc avec touches orange, un clin d'œil esthétique assumé aux produits Teenage Engineering.
La machine se pilote via 11 pistes (DRUM, SYNTH, DX, SAMPLER), un séquenceur pas à pas de 128 pas maximum par bloc, 16 pads rétroéclairés et une matrice d'encodeurs. Deux modes de jeu sont proposés : le mode Song, pour construire un morceau linéaire, et le mode Scene, pensé pour la performance live et l'improvisation.
Deux moteurs sonores, plus de 2 000 sons
Le cœur du SEQTRAK repose sur deux moteurs de synthèse complémentaires :
- AWM2 (Advanced Wave Memory 2), le moteur PCM maison de Yamaha, avec une polyphonie de 128 voix. Il restitue des sons acoustiques réalistes (pianos, cordes, guitares, percussions) à partir de 800 Mo de formes d'onde préchargées, complétés par 500 Mo d'espace utilisateur pour le sampling.
- Un moteur FM à 4 opérateurs (8 voix de polyphonie), pour des sons de synthé plus expérimentaux, des nappes, des leads et des pianos électriques dans la lignée des DX de Yamaha.
Au total, la machine embarque 2 032 sons préréglés et 392 sons d'échantillonneur dès la sortie de boîte, un chiffre qui grimpe encore via des packs de sons additionnels téléchargeables gratuitement depuis l'application (Reggaeton, Ambient, House, Drum & Bass...). Côté effets, on trouve 12 types de reverb, 9 types de delay, 85 effets « master » et 85 effets « single », un EQ master 5 bandes et des filtres passe-haut/passe-bas sur chaque piste.
Échantillonnage et fonctions créatives
Le SEQTRAK intègre un microphone MEMS interne et une entrée audio jack pour échantillonner sa voix, un instrument ou n'importe quelle source sonore directement sur la machine, sans ordinateur. Les fonctions d'undo/redo, saluées dans plusieurs tests, permettent d'expérimenter sans crainte de perdre une idée. La machine peut stocker jusqu'à 8 projets en interne, un nombre jugé un peu juste par la presse spécialisée, mais qui peut être étendu en sauvegardant des projets dans l'application dédiée.
Connectivité
Le SEQTRAK mise sur une connectivité pensée pour le nomadisme et l'intégration studio :
- USB-C : alimentation, MIDI (in/out vers un hôte ou un périphérique) et interface audio (44,1 kHz / 24 bits, 2 canaux en entrée et en sortie).
- Bluetooth MIDI, pour se synchroniser sans fil avec d'autres instruments ou une app.
- Wi-Fi, pour transférer les fichiers WAV vers un smartphone sans câble.
- Sortie casque et entrée audio en mini-jack stéréo, plus une prise MIDI physique (câble adaptateur fourni).
- Deux haut-parleurs intégrés (2,3 cm, 1 W) permettent de jouer sans casque ni enceinte externe.
L'application SEQTRAK
Une bonne partie de l'expérience se joue aussi hors du hardware : l'application compagnon (iOS/Android) donne accès à des réglages plus fins, à la bibliothèque de sons additionnels, à la sauvegarde de projets et au transfert de samples. Plusieurs testeurs soulignent que le design de l'app est particulièrement soigné, mais regrettent que certains paramètres ne soient accessibles que par ce biais, ce qui oblige à jongler entre la machine et le téléphone.
Les évolutions du firmware : de la V1.0 à la V2.0
Un point souvent négligé dans les tests au lancement, mais devenu central deux ans après la sortie de la machine : Yamaha a très régulièrement fait évoluer le SEQTRAK par mises à jour d'OS gratuites, au point de transformer sensiblement la machine depuis 2024. Voici le détail de ces évolutions.
SEQTRAK OS 2.0 (janvier 2026) — la mise à jour majeure
Dévoilée juste avant le NAMM 2026, la version 2.0 est la plus importante depuis le lancement. Elle apporte :
- De nouveaux types de pistes : les pistes DRUM peuvent désormais être converties en pistes DrumKit, qui regroupent jusqu'à 7 sons de batterie sur une seule piste, ou en pistes Synth, qui transforment une piste de batterie en piste de synthé AWM2 à part entière. De quoi libérer des pistes supplémentaires pour la mélodie et l'harmonie, une demande récurrente de la communauté.
- Le contrôle BARLENGTH étendu aux pistes Drum, pour une édition de phrases plus cohérente sur l'ensemble d'un projet.
- Des fonctions ALL knob enrichies : en maintenant les boutons VOL+/-, PAGE, SCALE, OCTAVE, KEY, BPM+/- ou SWING tout en tournant l'encodeur ALL, on ajuste instantanément ces paramètres de façon globale, un vrai gain de rapidité en live.
- L'application SEQTRAK passe elle aussi en v2.0, avec une gestion de sauvegarde améliorée : elle permet désormais d'exporter les sons utilisateurs en plus des fichiers de projet, pour des sauvegardes plus complètes et plus portables.
- Un correctif sur un décalage de timing de lecture quantifiée après changement de projet en synchro d'horloge externe.
SEQTRAK OS 1.20-1.21 (janvier 2025)
La précédente mise à jour marquante avait déjà considérablement enrichi le sampler et le workflow :
- Un mode Loop inédit pour les sons SAMPLER, avec réglage des points de boucle et de la longueur, sur la machine ou depuis l'app.
- Le mute/unmute individuel des 7 emplacements de sample d'une piste SAMPLER, et un mode Mute global en appuyant simplement sur les encodeurs de piste.
- Un count-in pour démarrer l'enregistrement en temps réel, une nouvelle façon de changer d'octave en mode clavier, la copie automatique de motif à l'extension d'un pattern, la sauvegarde temporaire de projet juste après chargement, et le MIDI thru.
- La version 1.21 a ensuite corrigé plusieurs bugs : copie de motif involontaire lors de la connexion à l'app, erreur de paramètre sur les effets Single en mode Song, et des soucis de connexion Bluetooth avec certains appareils Android.
SEQTRAK OS 1.10 (2024)
La toute première grosse mise à jour post-lancement avait posé des bases importantes pour le séquenceur : mode de saisie pas à pas pour les pistes synthé, copier/coller de motifs et de pas, sauvegarde temporaire de projet, option de triolet en huitième pour les sub-steps, réglage de la probabilité de déclenchement d'un pas, suppression ciblée de motifs ou de verrous de paramètres, extension de la plage d'octaves, mode Scene (sélection manuelle d'une scène de morceau) et ajustement de la quantification au lancement pendant la lecture. Plusieurs bugs de stabilité (plantages liés au casque, à certains périphériques USB-MIDI, à une hausse rapide du tempo, instabilité Wi-Fi) ont également été corrigés à cette occasion.
Pourquoi ça compte
Ce suivi logiciel soutenu change la donne pour un instrument qui, au lancement, avait été critiqué pour son ergonomie hardware perfectible et sa dépendance à l'application. Deux ans après sa sortie, le SEQTRAK a gagné en flexibilité de séquençage (copier/coller, probabilité, step input), en profondeur de sampling (loop mode, mute individuel) et, avec la 2.0, en flexibilité structurelle grâce aux pistes convertibles Drum/Synth/DrumKit — une évolution que la presse spécialisée a saluée comme une vraie extension des possibilités de la machine plutôt qu'un simple correctif. La mise à jour se fait gratuitement via une clé USB ou directement depuis l'application SEQTRAK, qui notifie l'utilisateur dès qu'une nouvelle version est disponible.
Ce qu'en dit la presse spécialisée
Le test d'Audiofanzine (avril 2024) attribue au SEQTRAK la note de 7/10, saluant « le set de fonctionnalités », « la générosité sur le contenu », le design de l'application, l'audio en USB, la polyvalence des moteurs de synthèse, les 11 pistes, le moteur FM complet, la quantité d'effets et les outils de performance live. En face, les réserves portent sur l'ergonomie du hardware, la nécessité de mémoriser certains raccourcis, l'absence de pistes séparées façon Overbridge, une solidité perçue comme perfectible dans la durée, la course lente des encodeurs et le nombre de projets limité à 8.
Côté presse anglophone, Magnetic Magazine lui a décerné son « Editor's Choice Award » en 2024, et Synthtopia comme AltWire saluent un rapport fonctionnalités/prix particulièrement favorable pour une machine tout-en-un aussi compacte.
Prix et disponibilité
Le Yamaha SEQTRAK est commercialisé depuis début 2024 à un tarif public autour de 319 € neuf (jusqu'à 359 € selon les revendeurs), un positionnement tarifaire jugé cohérent avec la richesse de la machine. Il se trouve chez la plupart des revendeurs d'instruments de musique en ligne et en magasin, en versions noire ou blanche/orange. Le marché de l'occasion démarre autour de 180 €.
En résumé
Le Yamaha SEQTRAK convainc par sa densité fonctionnelle : deux moteurs de synthèse, du sampling, 11 pistes, une vraie interface audio USB et une appli mobile bien pensée, le tout dans un format nomade alimenté par batterie. Les réserves portent surtout sur l'ergonomie hardware et la dépendance à l'application pour aller au bout de ses possibilités. Deux ans après son lancement, le suivi logiciel de Yamaha reste un argument fort : la mise à jour 2.0 (janvier 2026), avec ses pistes DrumKit/Synth convertibles et ses fonctions ALL knob étendues, montre que la machine continue de gagner en profondeur bien après son achat. À moins de 350 €, il reste l'une des propositions les plus complètes et les plus évolutives du marché des groovebox tout-en-un.
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