Un peu plus d'un an après le lancement de l'Anagram, Darkglass Electronics a publié fin juin 2026 la mise à jour KosmOS 1.16, la plus importante depuis la sortie du multi-effets basse. Entre la version 1.0.0 livrée en avril 2025 et cette 1.16, l'appareil a littéralement changé de dimension. Voici ce qui a évolué, bloc par bloc, fonction par fonction.
KosmOS, le cœur logiciel de l'Anagram
Pour rappel, KosmOS est le système d'exploitation qui tourne à l'intérieur de l'Anagram. Bâti sur un socle Linux modulaire, il gère le traitement audio en temps réel, l'interface tactile, le routage du signal et l'hébergement des blocs d'effets, des modèles neuronaux et des réponses impulsionnelles. Contrairement à une pédale figée, l'Anagram est pensé comme une plateforme évolutive : chaque mise à jour, installée via le logiciel Darkglass Suite (Windows/Mac uniquement pour l'instant), peut ajouter de nouveaux blocs, corriger des bugs ou revoir en profondeur l'ergonomie de l'appareil.
La version 1.0.0 : le point de départ (23 avril 2025)
La toute première version, sobrement documentée comme « Original Shipping Version », correspond à l'Anagram tel qu'il est sorti d'usine. On y trouvait déjà l'essentiel de la promesse du produit : un moteur de modélisation par blocs, le support Neural Amp Modeler de première génération, un écran tactile central, un mode Preset/Stomp/Scene, et la bibliothèque de blocs de lancement (amplis, effets, compression, égalisation). Mais de nombreuses briques qui font aujourd'hui la réputation de l'appareil manquaient purement et simplement : pas de MIDI complet, pas d'audio USB, pas de Bluetooth, pas de Marketplace, pas de looper digne de ce nom, et un nombre de Scenes limité à trois par preset.
Entre la 1.0.0 et la 1.16, l'Anagram a reçu une quinzaine de mises à jour majeures. Quelques jalons marquants :
La 1.1.0 (mai 2025) a amélioré le moteur NAM pour le rapprocher des performances des plugins, et a permis d'utiliser les bypasses dans les bindings. La 1.3.0 (juillet 2025) a introduit le Bluetooth Audio en bêta et fait passer l'USB Audio en version stable. La 1.4.0 (septembre 2025) a apporté le support MIDI complet (Program Change, Controller Change, contrôleur Darkglass dédié). Les versions 1.5 à 1.7 (fin 2025) ont massivement enrichi la bibliothèque de blocs de distorsion, de modulation (Entropia, Tremora, Pharos, Vibralis) et de filtres. La 1.8.0 a retravaillé en profondeur les compresseurs, avec des seuils repensés qui ont changé le son de certains presets existants. La 1.9 et la 1.10 ont ajouté de nouveaux amplis modélisés (SWR, Markbass, EBS, Mesa Big Block). La 1.12.0 (janvier 2026) a apporté la pédale de volume, la wah et le pitch bender. La 1.13.0 (mars 2026) a introduit l'Input Gain et le compresseur multibande Ignissor. La 1.14.0 (avril 2026) a ouvert le Marketplace Anagram, une place de marché pour des blocs tiers. La 1.15.0 (mai 2026) a apporté la réverbe à ressort, un noise gate signé Nembrini Audio, et un looper largement retravaillé (enregistrement sans clic, slots multiples, stockage persistant).
Ce sont ces briques successives qui posent les fondations de ce qu'apporte la 1.16.
Ce que change la version 1.16
Le support NAM Architecture 2, en partenariat avec Tone3000
C'est le cœur de cette mise à jour. Darkglass s'associe à Tone3000 pour intégrer le support complet de Neural Amp Modeler Architecture 2 (A2) sur l'Anagram. Trois nouveaux blocs dédiés apparaissent : Neural Amp, Neural Pedal et Neural Loader, avec la possibilité de faire tourner jusqu'à trois instances simultanées, au choix en A2 Full, A2 Lite ou A1. Concrètement, cela ouvre l'accès aux captures numériques réalisées par une communauté de plus de 300 000 musiciens et ingénieurs du son sur Tone3000, permettant de charger la signature tonale exacte d'amplis, de pédales ou de matériel studio réels. Les rigs Darkglass Full du Neural Loader ont eux aussi été mis à jour vers A2.
Deux nouveaux blocs d'ampli vintage : Peggy Classic et Peggy Fliptop
La 1.16 ajoute deux modélisations inédites baptisées Peggy Classic et Peggy Fliptop, accompagnées d'une réponse impulsionnelle de baffle 1x15" Peggy Fliptop dans le bloc Bass Cabinet. Le Peggy Classic vise un grain harmonique généreux, pensé pour couvrir un spectre allant du son clair et articulé jusqu'à des textures saturées agressives. Le Peggy Fliptop, lui, cible directement l'esthétique des studios d'enregistrement des années 1960, avec la chaleur typique des amplis à lampes de l'époque.
Un filtre HPF+LPF combiné
Les blocs Hi-Pass et Lo-Pass, jusque-là séparés, peuvent désormais être combinés en un seul emplacement de la chaîne. Un gain de place utile pour nettoyer le bas du spectre et adoucir l'extrême aigu sans multiplier les blocs.
Le Scene Manager passe de 3 à 126 scènes
C'est un changement structurel important : jusqu'à la 1.15, chaque preset disposait de 3 Scenes maximum, créées automatiquement. Avec la 1.16, ce plafond passe à 126 scènes par preset. Conséquence directe : les scènes ne sont plus créées automatiquement à la volée, une nouvelle scène démarre désormais comme une copie exacte de la scène par défaut (celle active au moment de la dernière sauvegarde du preset). Il devient aussi possible de copier et réorganiser presets et scènes par glisser-déposer des indicateurs de footswitch.
Une interface repensée
Plusieurs ajouts visent à faciliter le réglage fin : une vue DSP Load Meters (activable dans les réglages avancés) affiche la charge de calcul exacte de chaque bloc de la chaîne active — utile pour éviter les surcharges DSP en configuration complexe. Une saisie numérique au pavé tactile (Type Parameter Values) permet désormais de taper une valeur exacte plutôt que de tourner un potentiomètre virtuel. Le menu More Settings a été réorganisé, avec une nouvelle catégorie « Behaviour » regroupant les réglages de comportement des footswitches : Mode Cycling (pour sauter un mode spécifique dans le cycle Preset/Stomp/Scene), et des réglages Up/Down indépendants pour les modes Preset, Stomp et Scene (double appui pour naviguer, avec possibilité de désactiver l'action).
Correctifs des sous-versions 1.16.1 à 1.16.3
Comme souvent avec une mise à jour majeure, les semaines suivantes ont vu défiler des correctifs : la 1.16.1 (26 juin) a corrigé un bug d'overlay stomp et un problème de mode « Control All » des scènes ; la 1.16.2 (3 juillet) a réglé une régression touchant le Bluetooth et l'audio USB ainsi qu'un souci de potentiomètres associés à la mauvaise rangée de la chaîne ; la 1.16.3 (13 juillet, version actuelle au moment de la rédaction) a notamment ouvert le binding par expression et le bouton Bind aux plugins du Marketplace, et corrigé plusieurs comportements liés au MIDI et à l'égaliseur paramétrique.
Comparatif synthétique : v1.0.0 vs v1.16.3
| Critère | Version 1.0.0 (avril 2025) | Version 1.16.3 (juillet 2026) |
|---|---|---|
| Modélisation neuronale | NAM première génération uniquement | NAM Architecture 2 (Full/Lite/A1), 3 instances simultanées, intégration Tone3000 |
| Blocs ampli | Bibliothèque de lancement | +15 amplis ajoutés au fil des mises à jour, dont Peggy Classic et Peggy Fliptop |
| Scenes par preset | 3, créées automatiquement | 126, gestion manuelle avec copie/réorganisation |
| MIDI | Absent | Program Change, Controller Change, contrôleur dédié |
| Audio USB / Bluetooth | Absents | USB stable, Bluetooth audio disponible |
| Looper | Basique ou absent | Multi-slots, sans clic, stockage persistant |
| Marketplace de blocs | Inexistant | Actif depuis la 1.14, avec binding par expression depuis la 1.16.3 |
| Visualisation de charge DSP | Absente | Vue DSP Load Meters par bloc |
| Saisie de valeurs | Molette/pot virtuel uniquement | Pavé numérique tactile |
| Personnalisation footswitch | Comportement fixe | Mode Cycling et réglages Up/Down par mode |
| Filtres | HPF et LPF séparés | Bloc combiné HPF+LPF |
Ce que ça change concrètement pour les bassistes
Au-delà de la liste de fonctionnalités, la trajectoire est claire : l'Anagram de juillet 2026 n'a plus grand-chose à voir avec celui livré en boîte quinze mois plus tôt. Le triple NAM A2 ouvre la porte à des configurations multi-amplis ou pré/post-effets impossibles à transporter physiquement en tournée. La gestion à 126 scènes et la personnalisation fine des footswitches permettent d'adapter précisément l'appareil à un déroulé de set complexe. Et l'accumulation de blocs (compression, distorsion, modulation, filtres, réverbe) fait de l'Anagram un pédalier quasiment complet à lui seul, alors qu'il ne couvrait qu'une fraction de ces usages à son lancement.
Un point de vigilance mérite d'être signalé : certaines mises à jour, notamment la refonte des compresseurs en 1.8.0, ont légèrement modifié le son de presets sauvegardés avec d'anciennes versions. Darkglass recommande donc de ne pas mettre à jour juste avant un concert, mais plutôt à un moment où il est possible de revérifier ses réglages.
Comment mettre à jour
La mise à jour s'installe via le logiciel Darkglass Suite (Windows/Mac ; les versions iOS et Android ne permettent pas encore de flasher l'Anagram). Elle est gratuite et cumulative — il n'est pas nécessaire de repasser par chaque version intermédiaire.
Sources : TalkBass — Darkglass Anagram KosmOS version history, Premier Guitar — Darkglass Announces KosmOS 1.16 Update for Anagram and New Bass Models
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